Le Fonds monétaire international (FMI) estime que les pays de la zone euro doivent prendre des mesures de précaution au cas où la croissance économique stagnerait. Ce risque a augmenté en raison des problèmes dans le secteur industriel, le commerce, ainsi que du fait que la Banque centrale européenne dispose de peu de ressources pour relancer l'économie, rapportent le FMI et la BCE dans leurs rapports trimestriels.
La faiblesse du commerce et de l'industrie pourrait se propager à d'autres secteurs économiques. Le FMI ne voit pas seulement des risques de récession économique, mais prévoit également une croissance plus faible : 1,2 au lieu de 1,3 pour cent. Cette croissance moindre est principalement due au ralentissement de l'économie allemande. L'Allemagne souffre de la guerre commerciale prolongée entre les États-Unis et la Chine, du Brexit ainsi que du ralentissement de l'économie chinoise.
Les gouvernements néerlandais et allemand doivent donc augmenter leurs dépenses pour stimuler la croissance économique. Maintenant que les taux d'intérêt sont si bas, les gouvernements doivent prendre le relais, indique le FMI. Ce dernier cible spécialement les Pays-Bas et l'Allemagne dans son rapport, ce qui n'est pas surprenant. Depuis un certain temps, les marchés financiers exercent une pression sur ces deux pays pour qu'ils empruntent et investissent fortement. La dette publique des Pays-Bas est faible comparée aux autres pays de l'UE.
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"Les Pays-Bas devraient investir beaucoup plus dans les infrastructures, l'éducation ou l'innovation grâce à leur excédent budgétaire. En assouplissant leur rigueur budgétaire, La Haye pourrait stimuler la croissance économique", avait déclaré Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, en octobre dernier, juste avant sa nomination dans ses nouvelles fonctions.
La Commission européenne met en garde contre des temps économiques "agités" dans un avenir proche. Dans ses prévisions, elle revoit à la baisse les attentes de croissance pour la zone euro en 2019 et pour les deux années suivantes. Selon le vice-président Valdis Dombrovskis, les conflits commerciaux internationaux, des tensions géopolitiques croissantes, une industrie toujours faible et le Brexit menacent l'économie européenne.
La Commission européenne est aussi préoccupée depuis longtemps par les impacts possibles de la politique commerciale américaine et du départ britannique de l'UE. Bruxelles craint une période prolongée de croissance modérée en Europe. Pour cette année, la Commission prévoit une croissance moyenne de 1,1 pour cent pour les pays de la zone euro, contre 1,2 pour cent dans ses prévisions antérieures.
Le commissaire européen Dombrovskis a appelé les États membres à agir. Il a exhorté les pays à dette publique élevée à la réduire, et ceux pouvant le faire à utiliser leur marge budgétaire. L'UE reste satisfaite de la baisse continue du chômage dans la zone euro, qui devrait atteindre 7,4 pour cent en moyenne l'an prochain.

