La Commission européenne finalise actuellement une annonce concernant le coût élevé des engrais. Selon des versions provisoires fuitées, Bruxelles n'introduira ni nouvelle subvention européenne pour les engrais ni plan d'action élaboré. En revanche, il sera encore plus permis aux États membres d'utiliser les fonds de subvention existants également pour les engrais.
Cette annonce est prévue pour mercredi, selon le calendrier actuel. La publication bruxelloise risque d'être une déception pour plusieurs pays de l'UE. Ainsi, l'Espagne et la France avaient demandé une véritable politique des engrais. Le commissaire à l'Agriculture Janusz Wojciechowski a tenu à ce sujet des consultations il y a quelques semaines avec des fabricants européens d'engrais comme Yara et Borealis.
Les organisations agricoles européennes demandent depuis longtemps la suppression des droits d'importation de l'UE sur les engrais (c’est-à-dire américains et russes). Ceux-ci peuvent être produits moins cher sans gaz coûteux. Cependant, les fabricants européens d'engrais s'y opposent. Leur position concurrentielle est déjà fragile, et le marché des engrais passe de plus en plus sous le contrôle de grands groupes chimiques chinois et russes.
Il semble désormais que Bruxelles écoute ces entreprises européennes et maintiendra les droits d'importation en 2023. Si la situation se dégrade, cela pourra toujours être ajusté par la suite. Il en va de même pour la proposition de financement allemande (actuellement refusée). L'Allemagne souhaite des fonds « nouveaux » de l'UE pour l'achat d'engrais, partiellement financés par une taxe européenne générale sur les engrais.
Bruxelles souhaite toutefois que les plans d'urgence énergétique des États membres prévoient une exception pour les usines produisant des engrais. Celles-ci devraient être exemptées de réductions ou restrictions.
Selon une version provisoire fuitée de l'annonce, la Commission européenne maintient la stratégie « de la ferme à la table » visant à réduire de 20 % environ l'utilisation d'engrais dans huit ans. La Commission souhaite encourager l'utilisation accrue d'« engrais naturels », mais avertit qu'il faut tenir compte des récoltes moindres et des rendements inférieurs.
Il n'est pas encore clair sous la responsabilité de quel commissaire européen ce plan sur les engrais sera placé. Le commissaire à l'Agriculture Wojciechowski s'y est longuement consacré, mais aussi ses collègues Timmermans (Climat), Sinkevicius (Environnement) et Kyriakides (Santé).

