La mesure fait suite à une enquête sur un possible conflit d’intérêts impliquant Babiš. La Commission souhaite savoir si la position de chef de gouvernement est suffisamment distincte de ses liens avec Agrofert. Les autorités tchèques doivent fournir à Bruxelles des informations et des documents complémentaires avant qu’une décision définitive de versement soit prise.
Il s’agit de subventions provenant du Fonds européen de développement rural. Les aides agricoles européennes régulières à Agrofert ne sont pas suspendues. Par ailleurs, Bruxelles retient également certains paiements destinés à la Tchéquie en provenance de fonds structurels européens liés aux entreprises d’Agrofert.
Conflit d’intérêts
Au cœur du différend se trouve la manière dont Babiš a juridiquement pris ses distances avec Agrofert. Il a transféré ses parts en février 2026 dans la RSVP Trust. Selon Babiš, ce transfert a suffisamment rompu ses liens avec le groupe et il n’y a plus de conflit d’intérêts.
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Désaccord
La Commission européenne n’en est pas convaincue. Bruxelles considère que la construction choisie ne dissipe pas suffisamment les doutes concernant un éventuel conflit d’intérêts. Sur ce point, la Commission et Babiš ont une divergence fondamentale quant à savoir si le transfert d’Agrofert à la trust a créé une distance suffisante.
Babiš rejette les objections européennes. Il affirme qu’il ne possède plus Agrofert, qu’il ne possédera plus jamais le groupe et qu’il n’en tire aucun avantage financier. Il a également clairement manifesté peu d’intérêt pour poursuivre les discussions sur l’évaluation européenne.
Déjà par le passé
Le dossier Babiš-Agrofert existe depuis longtemps. Le député européen Daniël Freund rappelle que le potentiel conflit d’intérêts avait également été soulevé lors du précédent mandat de Premier ministre de Babiš. Selon Freund, Bruxelles avait aussi retenu certains paiements européens en 2020 en raison des liens entre Babiš et ses entreprises. Daniel Freund est un député allemand des Verts, membre du Parlement européen depuis 2019.
Pour l’heure, il ne s’agit donc pas d’un arrêt complet du soutien agricole européen à Agrofert. La Commission bloque des paiements spécifiques à la Tchéquie pendant qu’elle poursuit son enquête. Les autorités tchèques ont annoncé une pleine coopération et la fourniture des informations complémentaires demandées par Bruxelles.

