Les petits et moyens éleveurs de porcs en Pologne recevront bientôt une aide d'État. Elle est plafonnée à 290 000 euros par exploitation et vise à pallier les problèmes de liquidités. La Commission européenne a autorisé Varsovie à financer cette aide ciblée aux entreprises à partir du vaste fonds de relance post-coronavirus.
La Pologne pourra ainsi soutenir son industrie porcine, économiquement frappée à la fois par la crise du coronavirus et par la peste porcine africaine, à hauteur d'environ 88 millions d'euros, de manière spécifique à chaque entreprise. Ce soutien devrait principalement bénéficier aux micro, petites et moyennes entreprises produisant des porcelets.
Le parti au pouvoir en Pologne, Droit et Justice (PiS), s’était opposé pendant des mois à l’Union européenne concernant la nomination de juges partisans favorables au gouvernement. Bruxelles avait déjà lancé des procédures disciplinaires contre Varsovie, y compris l’imposition de lourdes amendes. La semaine dernière, Varsovie a commencé à revenir sur cette affaire judiciaire, ce qui a permis à Bruxelles d’adopter une position plus conciliante.
La Commission a décidé que l’aide ne doit pas dépasser 290 000 euros par bénéficiaire et doit être accordée dans un délai de cinq mois. Le gouvernement polonais avait déjà annoncé fin de l'année dernière un paquet d’aide pour les zones rurales polonaises. Selon le ministre de l’Agriculture Henryk Kowalczyk, une assurance contre les aléas climatiques couvrant tous les risques, y compris les épisodes graves de sécheresse, sera proposée dans la seconde moitié de février.
Les assurances sécheresse existantes en Pologne sont souvent très coûteuses en raison du risque élevé, ce qui en faisait une solution peu intéressante pour de nombreux agriculteurs. Afin de permettre des primes avantageuses, l’État polonais prendra à sa charge les deux tiers du montant de la prime.
Une assurance contre les risques subventionnée par l’État existe déjà en Pologne depuis plusieurs années. Cette prime de 87 millions d’euros sera désormais portée à l’équivalent de près de 327 millions d’euros.

