La Commission européenne et le ministre allemand de l'Agriculture Cem Özdemir sont parvenus à un accord sur un nouveau règlement allemand concernant les engrais. Les « zones rouges » où l'agriculture doit réduire de vingt pour cent l'utilisation d'engrais chimiques seront largement étendues, passant de 2 millions à 2,9 millions d’hectares, principalement dans le nord-ouest. Cela représente une augmentation de 45 % par rapport à avant.
Les Allemands devront également, dans quelques années, remplacer leurs « calculs » relatifs à la pollution nitrate des eaux souterraines par davantage de « mesures ». À partir de 2028, de nouvelles méthodes statistiques basées sur un réseau plus dense devront être développées afin d’approcher de plus près la réelle pollution au nitrate.
L'Allemagne viole la directive européenne sur les nitrates depuis sa mise en place. Plus d'un quart de tous les points de mesure actuels rapportent des dépassements des seuils autorisés. En raison de l’utilisation intensive du lisier, c’est particulièrement l’élevage laitier avec ses grandes étables qui est touché.
Malgré des valeurs trop élevées, certaines zones ont échappé pendant des années à des restrictions – notamment en invoquant des arguments (« excuses ») selon lesquels les flux d’eau souterraine auraient déplacé les nitrates venant de l’extérieur. Les agriculteurs allemands ont imputé la pollution nitrate aux villes.
Selon le Süddeutsche Zeitung, la Commission européenne renoncera aux amendes de plusieurs millions auxquelles Berlin avait déjà été condamné par la Cour de justice de l’Union européenne pour pollution aux nitrates. La condition est que la politique allemande (y compris les Länder !) approuve avant l’été la nouvelle réglementation.
« Nous avons franchi une étape importante », déclare Özdemir (Union / Verts). « Mais nous n’avons pas encore tout à fait terminé. » Plusieurs Länder, dont la Rhénanie-du-Nord-Westphalie et la Saxe-Anhalt, ont déjà annoncé leur opposition, et l’association des agriculteurs allemands est également mécontente.
Özdemir a réagi avec soulagement à l’accord avec Bruxelles car il évite à l’Allemagne des milliards d’amendes pour non-respect de la directive européenne sur les nitrates. Özdemir a appelé les Länder allemands et les agriculteurs à approuver la proposition.
Selon lui, c’est une condition pour enfin offrir à l’agriculture un cadre fiable. Après les précédentes « tactiques de retard malheureuses » envers Bruxelles, il est maintenant nécessaire de « clarté et de stabilité », a souligné le ministre.

