L'Union européenne ne dispose d'aucune possibilité procédurale, juridique ou financière pour soutenir spécifiquement l'industrie porcine. De plus, leur mauvaise position sur le marché n'a pas une cause principalement agricole, mais financière et économique. C'est ce qu'affirme le directeur général adjoint Scannell de la Commission européenne à Bruxelles.
La haute administration du Ministère de l'Agriculture de l'UE a donné mardi, lors de la commission de l'agriculture du Parlement européen, des explications sur la situation du marché porcin. De nombreux pays de l'UE demandent depuis des mois un soutien de l'UE pour venir en aide à leurs petits et moyens élevages porcins.
La direction des services de l'UE indique que la plupart des problèmes (financiers) dans l'industrie porcine sont causés par la pandémie de coronavirus (personnel malade, capacité d'abattage réduite, baisse du chiffre d'affaires dans la restauration) ainsi que par l'inflation et la situation économique (prix du carburant plus élevés, aliments pour animaux plus chers). Ces causes ont une origine « économique » plutôt qu'« agricole », et leurs conséquences relèvent surtout du ministère de l'Économie ou des chefs d'État, selon la haute administration.
De plus, pour certains pays de l'UE, l'exportation vers (le grand marché) la Chine a été interrompue à cause d'épidémies de peste porcine africaine dans leur territoire. Mais cela ne concerne pas d'autres pays de l'UE encore exempts de peste porcine : ceux-ci continuent à exporter vers la Chine.
La Commission européenne souligne que les mesures de l’UE doivent toujours s’appliquer à tous : même moine, même capuche. L’UE ne peut accorder aucune aide financière à quelque (petite) exploitation porcine que ce soit dans quelques pays de l’UE. Le haut fonctionnaire ajoute également que 75 % du marché porcin est contrôlé par 2 % des grands groupes de viande. Ceux-ci sont encore capables de supporter les coûts élevés actuels.
Contrairement à la politique agricole, Bruxelles n’a pas de liens directs avec les exploitations (porcines) individuelles, ni de canaux de concertation avec l’UE. L’industrie porcine souhaite précisément avoir le moins d’interactions possible avec Bruxelles. Les pays de l’UE peuvent toutefois apporter un soutien financier temporaire à certaines de leurs exploitations porcines. Actuellement, neuf pays de l’UE le font, sous diverses formes.
La seule possibilité technique considérée par la Commission européenne est le stockage temporaire de la viande porcine dans des chambres froides. En retirant une partie de l’offre du marché, les prix devraient théoriquement augmenter. Mais selon les technocrates de l’UE, l’industrie porcine n’y voit pas grand intérêt, car cela ne crée qu’un effet de report, la viande finissant par revenir sur le marché.
Le commissaire européen Janus Wojciechowski refuse donc, pour l’instant, d’intervenir. Il reste convaincu que le secteur trouvera lui-même une issue. La semaine dernière, il a promis de présenter d’ici fin janvier un catalogue de mesures possibles. Toutefois, il exclut pour l’instant toute intervention sous forme de subventions européennes supplémentaires.

