Par ailleurs, la Commission européenne a annoncé une exemption générale élargie des règles d'aides d'État pour tous les pays de l'UE, qui entrera en vigueur dès l'année prochaine. Ainsi, les subventions publiques aux projets agricoles en faveur de la biodiversité, du climat, de la qualité des sols, de la santé et de la restauration de la nature ne seront plus considérées comme « perturbatrices du marché ».
Ces deux décisions semblent également ouvrir la voie à l'achat des plus gros pollueurs dans le cadre des discussions néerlandaises sur l’azote.
Plus tôt cette année, des fonctionnaires néerlandais et quatre ministres des Pays-Bas n'avaient pas pu obtenir de clarification auprès de la direction de la Concurrence de la Commission européenne quant à une possible prolongation ou extension du régime temporaire. Il semble désormais que cette « extension » demandée alors par les Pays-Bas soit intégrée dans une modernisation à l’échelle de l’UE des règles d’aides d’État.
Un porte-parole de la Commission européenne n'a pas pu mercredi expliquer la cohérence juridique de ces deux décisions pour les Pays-Bas, mais a indiqué que des négociations sont toujours en cours entre La Haye et Bruxelles concernant le dossier de l'azote. Cette information est également confirmée à La Haye.
« La Commission européenne est en contact avec les autorités néerlandaises sur des mesures aidant à la réduction de l'azote. Nous ne pouvons pas faire d’autres déclarations sur le contenu de ces contacts », a déclaré un porte-parole de la Commission.
Il est toutefois clair qu’un éleveur ou agriculteur ne peut pas utiliser le montant (d'aide d'État) des droits (animaux) rachetés pour démarrer « la même activité ailleurs ». Les deux communiqués publiés mercredi ne mentionnaient pas de « restriction professionnelle ». En cas de doute, un juge pourrait éventuellement être saisi, a supposé un porte-parole de la Commission.
La prolongation du régime néerlandais limité actuel était logique, car il a d’ores et déjà été prolongé dans la plupart des autres pays de l'UE. Les Pays-Bas souhaitent le prolonger jusqu'au 31 décembre 2027, avec une augmentation budgétaire d'environ 720 millions d'euros, portant le budget total du régime actuel à 1,2 milliard d'euros.
Ce régime n'est pas uniquement accessible aux agriculteurs, mais aussi aux organisations gestionnaires de terres et aux propriétaires privés actifs dans le secteur agricole et forestier.
Que la Commission européenne propose également, le même jour, d'élargir à l'ensemble de l'UE les règles d'aides d'État concernant le soutien public à davantage d’objectifs climatiques et environnementaux dans l’agriculture, était également attendu depuis un certain temps. Un « réexamen » des effets sur la concurrence avait déjà été annoncé auparavant par la commissaire à la Concurrence, Verstaeger.

