Selon un rapport publié jeudi par l'Agence européenne pour l'environnement (AEE), des efforts doivent être faits pour la restauration de la nature et une meilleure gestion des écosystèmes. L’agence publie chaque année un rapport annuel sur « l'état de la nature ».
Le briefing de l’AEE énumère les principales preuves justifiant un besoin urgent de restauration des écosystèmes européens, tant dans les zones protégées qu’en dehors, dans les forêts, les terres agricoles, les mers et les zones urbaines.
Malgré des engagements pris pendant des décennies, de nombreux pays de l’UE n’ont pas encore réussi à établir une politique à long terme pour la nature ni à inverser le déclin de la biodiversité, indique l’agence environnementale. Pour changer cette trajectoire, il est nécessaire de restaurer les écosystèmes dégradés.
La restauration des zones (naturelles) endommagées dans les rivières, les lacs, les zones humides, les forêts, les prairies, les habitats marins et autres écosystèmes, selon l’étude, sert non seulement la nature et le paysage, mais offrirait aussi de nombreux bénéfices sociétaux plus larges. Par exemple, la santé des habitats pour les pollinisateurs, comme les abeilles et les coléoptères, est cruciale pour la sécurité alimentaire à long terme en Europe.
L’état des forêts et des zones humides est vital pour lutter contre le changement climatique, et des écosystèmes sains offrent aussi une meilleure protection contre les conditions météorologiques extrêmes et la pollution, selon le briefing de l’AEE.
D’après l’agence, 81 % des habitats protégés, 39 % des oiseaux protégés et 63 % des autres espèces protégées sont en mauvais état. La pression sur la nature en Europe provient principalement, selon les chercheurs, de l’agriculture intensive, de la consommation d’espace, de la pollution, de la sylviculture non durable et du changement climatique.
Le commissaire à l’Environnement Virginius Sinkevicius a tenté mercredi sur son compte Twitter de démentir neuf affirmations courantes concernant sa loi sur la restauration de la nature. Sa campagne sur Twitter coïncidait avec le débat en séance plénière au Parlement européen sur « sa » loi de restauration de la nature.
Sinkevicius a déclaré qu'il était temps de démystifier plusieurs idées reçues. Ainsi, il a réfuté le fait que sa proposition de loi conduise à davantage de zones protégées. « La restauration n’est pas une protection. Les activités économiques ne sont pas interdites et profiteront au contraire d’écosystèmes plus sains et plus productifs ».
Restaurer la nature ne menace pas la sécurité alimentaire, cela la rend au contraire durable, a précisé le commissaire à l’Environnement. 70 % des sols, un tiers des pollinisateurs et 30 % des eaux souterraines sont sous pression. Malgré les nombreuses idées fausses, les bénéfices pour les agriculteurs européens sont nombreux : sols fertiles, moindre impact des sécheresses, rétention de l’eau, pollinisation et bien plus encore.

