Les députés européens néerlandais réagissent majoritairement positivement au compromis trouvé mercredi à Bruxelles – en deuxième instance – concernant les nouvelles mesures contre la pollution de l’air. Le système actuel d’échange de quotas d’émission (ETS) pour les « droits d’émission gratuits » sera supprimé aux deux tiers entre 2027 et 2035, et les entreprises paieront progressivement une taxe sur leur pollution atmosphérique.
Le Parlement européen a ainsi adopté son positionnement sur la future révision du système européen d’échange de quotas d’émission (ETS) par 439 voix pour, 157 contre et 32 abstentions. Sous la pression des chrétiens-démocrates du PPE, des assouplissements ont été accordés au dernier moment en faveur des entreprises.
La suppression des droits gratuits (c’est-à-dire l’introduction d’une taxe sur la pollution de l’air) ne commencera qu’en 2027, après les élections européennes de 2024. Mais à la demande des Verts et des sociaux-démocrates du S&D, cette suppression devra être achevée en cinq ans au lieu de sept.
Il est également désormais prévu un lien entre la mise en place d’une nouvelle taxe douanière (CBAM) sur l’importation de produits peu respectueux de l’environnement et la nouvelle taxe européenne sur les émissions de CO2. Si le nouveau CBAM ne parvient pas à empêcher la fuite vers des importations bon marché, les entreprises européennes ne seront pas tenues de payer de taxe supplémentaire.
Le député européen du PvdA Mohammed Chahim était le négociateur principal sur ce dossier. « Le CBAM est le seul instrument dont nous disposons pour encourager notre industrie à produire de manière plus écologique au niveau mondial. Parallèlement, nous supprimons les droits d’émission gratuits. Avec le CBAM, le pollueur paiera vraiment et nous donnons un coup de pouce au reste du monde pour faire de même. »
Le député européen de GroenLinks Bas Eickhout soutient le nouveau compromis des trois grands groupes de coalition à Strasbourg : « Bien que nous aurions souhaité plus d’ambition, je suis soulagé qu’un accord acceptable ait été trouvé. En raison de la situation économique et géopolitique actuelle, la politique climatique est très sous pression. Nous montrons ici qu’en dépit de cette pression, nous maintenons les objectifs climatiques européens. »
Le Parlement européen a également voté en faveur d’un « fonds social » pour soutenir financièrement les particuliers dans la rénovation écologique de leur logement (subvention à l’isolation). « Qui engage une grande transition a aussi la responsabilité de veiller à ce que tout le monde puisse suivre. Un fonds social pour le climat est un bon début, mais les 72 milliards d’euros estimés ne suffiront pas à garantir une sécurité aux revenus les plus faibles pendant la transition écologique », affirme Eickhout.
Le député européen Peter van Dalen (ChristenUnie) se dit soulagé que le Parlement européen ait finalement approuvé le nouveau système d’échange de quotas d’émission (ETS) : « Il n’y a pas de temps à perdre. » « Il est grand temps que l’industrie devienne plus durable. Il est donc positif que le niveau d’ambition augmente de 61 % à 63 % de réduction des émissions. »

