En anticipation d’un sommet européen qui débute jeudi, les quatre pays du Visegrád ont critiqué la présidence tournante finlandaise de l’Union européenne pour une proposition relative à l’adoption du nouveau cadre financier pluriannuel. La Pologne, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie ne sont pas seulement en désaccord avec l’ampleur du budget, mais rejettent également les sanctions potentielles contre les États membres de l’UE qui ne respectent pas les règles européennes.
Au début d’une nouvelle Commission européenne, un nouveau cadre financier pluriannuel est traditionnellement établi à Bruxelles, reposant non seulement sur des accords et procédures existants, mais incluant aussi les financements demandés par les nouveaux commissaires européens.
Selon des accords existants, l’UE souhaite désormais, lors de l’attribution de subventions et fonds, vérifier que les pays bénéficiaires respectent les règles européennes. Dans ce contexte, la Pologne et la Hongrie risquent de voir leurs subventions réduites en raison d’un système judiciaire jugé insuffisamment transparent et de discriminations envers des organisations étrangères.
La présidence finlandaise de l’UE a mené ces derniers mois des consultations avec tous les États membres, la Commission européenne actuelle ainsi qu’avec la nouvelle présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. Les dirigeants politiques des groupes parlementaires du nouveau Parlement européen ont également été consultés.
Sur la base de ces consultations, le cadre financier pluriannuel maintient la répartition d’environ un tiers des subventions dédiées à l’agriculture, qui reste ainsi le poste de dépenses le plus important de l’UE. Il est cependant très incertain que le Parlement européen accepte cette répartition, étant donné que ces subventions agricoles doivent désormais être évaluées sous l’angle de la durabilité et de la politique climatique. Jusqu’à présent, l’impression prédominante était que les éventuelles économies porteraient principalement sur ce secteur.
En mars, le Parlement européen a émis un avis sur le projet de budget de la Commission pour 2021-2027, réclamant une hausse de 1 % à 1,3 % du produit national brut combiné. En juillet, les chefs de gouvernement ont exprimé leur position, souhaitant maintenir le plafond à 1 %. La Commission européenne estime qu’une augmentation à 1,13 % est nécessaire. Des négociations sont en cours afin de parvenir à un accord entre les trois institutions de l’UE au cours du premier semestre 2020.
La présidence finlandaise a préparé pour le sommet européen un document facilitant la discussion, basé sur un questionnaire envoyé aux États membres en juillet dernier. Selon ce document, les États membres diffèrent quant à leur contribution totale au futur cadre financier pluriannuel (CFP), variant entre 1,00 % du RNB des 27 pays de l’UE et la proposition de la Commission fixée à 1,11 %.
Par conséquent, la présidence finlandaise maintient une répartition d’un tiers pour les fonds industriels, un tiers pour l’agriculture, et un tiers pour les autres domaines politiques. Toute nouvelle politique doit être financée par des économies réalisées ailleurs dans le budget.
Un diplomate d’un pays du Visegrád a déclaré aux journalistes qu’il espérait que la note finlandaise ne serait pas la base des discussions et a rappelé qu’au moins deux pays du Visegrád considèrent la question des sanctions comme un « point non négociable ». Il a reconnu en même temps que les Pays-Bas n’accorderaient pas leur accord au nouveau cadre pluriannuel sans ces nouvelles sanctions.
Les quatre pays du Visegrád ont également une position commune en faveur d’un soutien fort à l’ouverture des négociations d’adhésion à l’UE pour la Macédoine du Nord et l’Albanie. Toutefois, un diplomate a admis que l’opposition française ne changerait probablement pas.

