Après les manifestations des agriculteurs des dernières semaines (et à la veille des élections européennes de juin !), la Commission européenne souhaite autoriser un assouplissement des règles du Green Deal. En Allemagne, les autorités et les syndicats agricoles travaillent actuellement à un accord visant à réduire la bureaucratie, la réglementation et les procédures pour les agriculteurs.
La proposition de la Commission européenne contient plusieurs suggestions sensées similaires, selon Özdemir. Toutefois, certains des projets de Bruxelles doivent être revus. « Les agriculteurs veulent être dans les champs ou à l’étable, pas derrière un bureau. Mais cela ne doit pas signifier que réduire la bureaucratie équivaut à diminuer les ambitions environnementales. »
Selon Özdemir, des sols sains et une meilleure biodiversité sont des conditions pour une agriculture saine et durable dans le futur : « Nous devons poursuivre fermement le 'Green Deal' et ne pas nous concentrer uniquement sur le court terme ».
Le député européen néerlandais Bas Eickhout (GroenLinks) n’est pas non plus favorable aux révisions proposées : « Cette mesure symbolique ignore les véritables problèmes et ne résout rien. La nature continue de décliner et les agriculteurs s'enlisent encore plus dans un système agricole sans avenir. »
Les agriculteurs européens reçoivent chaque année des dizaines de milliards d’euros en aides au revenu. Pour en bénéficier, ils doivent respecter des « bonnes conditions agricoles et environnementales », comme lutter contre l’érosion, pratiquer la rotation des cultures et laisser de la place pour la plantation de haies. Ces conditions établies en 2022 sont désormais supprimées.
Eickhout est co-tête de liste des Verts européens aux prochaines élections : « Le seul point positif des récentes réformes agricoles est désormais supprimé ». Concernant les revenus des agriculteurs, Bruxelles aurait mieux fait de fixer un plafond aux subventions agricoles. Eickhout rappelle que 80 % de ces aides vont toujours à 20 % des plus grandes entreprises agricoles.
La proposition de la Commission est, selon ses détracteurs, en contradiction avec le vaste rapport sur les risques climatiques européens présenté la semaine dernière. Les chercheurs concluent que l’Europe n’est pas prête face au changement climatique et que d’importants risques pèsent sur la nature et l’approvisionnement alimentaire.
« Heureusement, aux Pays-Bas, de plus en plus d’agriculteurs rendent leur exploitation durable et tournée vers l’avenir », a déclaré Laura Bromet, députée et porte-parole agriculture pour GroenLinks-PvdA. « Ils ont besoin d’une politique européenne qui encourage la durabilité. Ce recul de la Commission européenne empêche au contraire la compétitivité des agriculteurs durables. »
« L’agriculture néerlandaise prend un retard considérable sur ses propres objectifs environnementaux et climatiques », poursuit Bromet. « Le gouvernement de droite en formation utilisera ces propositions bruxelloises pour affaiblir les objectifs environnementaux et revenir sur les politiques aux Pays-Bas. Cela est bien pire pour les agriculteurs que de les aider à devenir durables. »
Maintenant que la Commission européenne a présenté ces mesures, le Parlement européen (19 mars) et les ministres de l’Agriculture (26 mars) doivent les examiner. Les ministres de l’Agriculture avaient déjà majoritairement exprimé leur soutien à des propositions dans ce sens. Il n’est cependant pas encore certain que cela entraîne des modifications du budget agricole, ni si la majorité qualifiée nécessaire au sein des 27 pays de l’UE sera atteinte.

