Le ministre espagnol (en fonction) Luis Planas a déclaré à l'issue d'une réunion informelle de plusieurs jours à Cordoue qu'il souhaite faire adopter ce dossier sur les OGM par le Parlement européen cette année.
La Commission européenne a présenté début juillet sa proposition très attendue visant à autoriser l’utilisation de certaines techniques génomiques (comme CRISPR-Cas). Bruxelles répond ainsi à la demande, notamment du secteur agricole, d’assouplir la législation ancienne et dépassée actuellement en vigueur.
Les nouvelles techniques génétiques constituent l’un des dossiers restants à traiter de l’accord vert européen (Green Deal) du désormais ex-commissaire au Climat Frans Timmermans. La législation annoncée visant à réduire de moitié l’utilisation de substances chimiques dangereuses en agriculture doit également encore être examinée par les ministres des États membres de l’UE et le Parlement européen.
Planas a salué le fait que l’agriculture biologique soit également protégée à l’avenir contre l’utilisation des nouvelles techniques de sélection. Il a souligné que de nombreux détails restent à clarifier à ce sujet. La crainte existe que certains dossiers soient reportés après les élections européennes de juin 2024.
Le commissaire européen à l'Agriculture Janusz Wojciechowski a insisté sur le fait que les nouveaux brevets découlant des nouvelles techniques de sélection ne doivent pas entraîner de coûts supplémentaires pour les agriculteurs. Il a également exprimé l’estimation que l’agriculture biologique resterait exempte de manipulation génétique.
En outre, Wojciechowski a réitéré sa déclaration de la semaine dernière concernant les mesures de l’UE contre les importations agricoles ukrainiennes. Le Polonais a de nouveau clairement exprimé son souhait que les restrictions soient prolongées. Ses collègues commissaires ne partagent pas (encore) cet avis.
La question figure à nouveau à l’agenda des discussions bruxelloises jeudi. Planas a indiqué que l’exportation de céréales ukrainiennes sera de nouveau abordée (cette fois de manière formelle) lors du Conseil de l’agriculture de l’UE à la fin du mois.
Quelques milliers d’agriculteurs espagnols ont répondu à l’appel des syndicats agricoles unis pour protester contre les restrictions de la politique agricole européenne. Le ministre Planas a déclaré lors de la conférence de presse de clôture que « ne rien faire n’est plus une option ».

