La Commission européenne va prolonger d'un an l'assouplissement temporaire de deux composantes de la nouvelle politique agricole en faveur de la compensation de la perte des exportations ukrainiennes. Pour la saison 2023 également, la rotation des cultures et la jachère sur certaines parcelles seront suspendues afin de permettre une récolte accrue de céréales dans les pays de l'UE.
Le commissaire à l'Agriculture Janusz Wojciechowski a déclaré lundi, au début de la réunion mensuelle des ministres de l'agriculture à Luxembourg, qu'il soumettrait cette proposition aux autres commissaires. Il est quasiment certain que cela se fera dès mercredi, lors de la réunion hebdomadaire des « grands » commissaires.
Au sein de la Commission de l'Agriculture du Parlement européen, ainsi que des fédérations agricoles européennes, une demande de prolongation de l'assouplissement avait également été formulée. Par cette annonce, Wojciechowski a évité que les ministres aient à la demander eux-mêmes, comme en début d'année. Au moins seize ministres ont exprimé leur accord en réaction ; huit pays – dont les Pays-Bas – se sont abstenus de tout soutien ou réaction favorable.
Pour compenser le manque de céréales russes et ukrainiennes sur les marchés mondiaux, la Commission avait validé en mars une dérogation « temporaire » sur une surface supplémentaire de 4 millions d’hectares. Concernant la récolte 2022, Wojciechowski a déclaré : « Nous ne savons pas quelles surfaces laissées en jachère ont effectivement été remises en culture, c’est probablement bien moins que 4 millions d’hectares, car la décision a été prise tard dans la saison (…) ».
Dans la Politique Agricole Commune (PAC) actuelle, les exploitations de plus de 15 hectares doivent disposer d’au moins 5 % de « zones d’intérêt écologique » (prairies, haies, arbres, jachères) pour pouvoir bénéficier des fonds européens. Dans la nouvelle PAC, à partir de janvier, l’exigence est qu’au moins 4 % soient en jachère afin de renforcer la biodiversité et l’enrichissement des sols.
Les volumes de récolte de céréales dans l’UE en 2022 « semblent cependant déjà meilleurs qu’en 2021 » et les rendements attendus pour l’année prochaine « devraient être à peine inférieurs », a souligné Janusz Wojciechowski, se référant à une première estimation, qui selon lui renforcera la sécurité alimentaire du continent et contribuera en même temps à celle du monde.

