La police néerlandaise a arrêté un homme soupçonné de préparer un attentat ou des activités terroristes en Iran. L’Iranien de 40 ans est également suspecté de participation à une organisation terroriste.
Ce demandeur d’asile iranien résidant aux Pays-Bas serait affilié au mouvement de résistance iranien ASMLA, actif principalement aux Pays-Bas et au Danemark. L’organisation a été fondée en 1999 en Iran pour lutter pour l’indépendance de la région arabe du sud-ouest, Ahwaz.
L’ASMLA possède une branche armée qui perpètre en Iran des attentats contre des champs pétroliers et gaziers ainsi que la Garde révolutionnaire iranienne, unité d’élite du régime strictement islamique de Téhéran. L’organisation aurait également été impliquée dans l’attentat contre un défilé militaire de la Garde révolutionnaire en 2018 à Ahwaz, qui a fait 25 morts. Au moins douze d’entre eux étaient membres de la Garde révolutionnaire.
Après cet attentat, l’Iran a convoqué l’ambassadeur néerlandais à Téhéran, reprochant aux Pays-Bas d’héberger l’ASMLA. L’organisation elle-même a nié toute implication. Ce serait un groupe dissident issu de l’ASMLA qui aurait été responsable de cet attentat. Avec cette arrestation, il semble donc qu’il y ait bel et bien des activistes anti-iraniens vivant aux Pays-Bas.
Lors d’une perquisition au domicile de l’homme à Delft, dans le sud-ouest des Pays-Bas, des téléphones et d’autres équipements ont été saisis. Un local professionnel et un studio télévisé d’une chaîne satellite iranienne à proximité, à Rijswijk, ont également été perquisitionnés par la police néerlandaise.
La police et la justice coopèrent dans l’enquête avec leurs homologues au Danemark. Là aussi, des membres de l’ASMLA ont été arrêtés lundi, rapporte le ministère public néerlandais. Ces dernières années, des tensions se sont accrues entre l’Iran d’une part, et le Danemark et les Pays-Bas d’autre part, ces deux pays accusant l’Iran d’avoir orchestré des attaques contre des opposants au régime iranien, accusation que Téhéran a toujours niée.
Ces arrestations aux Pays-Bas et au Danemark coïncident avec la visite à Téhéran du Commissaire européen aux affaires étrangères Josep Borrell. Il tente de parvenir à un accord avec les dirigeants iraniens afin de réduire les tensions autour du précarisé accord international sur le nucléaire iranien.

