Au Bundestag allemand, la commission du Travail et des Affaires sociales a approuvé la nouvelle loi plus stricte sur les conditions de travail dans les abattoirs allemands. Le vote final en séance plénière du Bundestag est prévu pour la semaine prochaine.
Toutes les factions, à l'exception du FDP et de l'AfD, ont voté en faveur de l'interdiction des travailleurs intérimaires dans l'industrie de la transformation de la viande. Aux Pays-Bas, le syndicat FNV plaide pour une approche similaire.
Désormais, l'utilisation de contrats temporaires est interdite dans les abattoirs allemands, et le travail intérimaire reste autorisé de manière très limitée à partir d'avril. Seules les entreprises couvertes par une convention collective peuvent gérer les pics d'activité via des travailleurs intérimaires. Les petites entreprises de moins de cinquante employés sont exemptées de cette loi, à l'exception des employés de vente et des stagiaires.
L'Association allemande de la viande (VDF) critique ces durcissements législatifs et reproche aux politiciens un manque de connaissance. L'industrie de la viande est prête depuis des mois à renoncer aux contrats de travail intérimaire mais plaide pour une réglementation volontaire. Selon l'association, l'interdiction du travail intérimaire causera des problèmes, notamment dans la production de produits de viande saisonniers.
Une meilleure réglementation légale sera également mise en place pour les petits abattoirs régionaux qui, bien que nominalement des coopératives indépendantes, sont en réalité des succursales d'importants abattoirs. Cela marquerait la fin de toute répartition des tâches ou coopération coopérative entre les entreprises de la viande, avertit la VDF. Cette mesure affecterait particulièrement les abattoirs régionaux qui ne pourraient exister que grâce à cette collaboration.
Début de cette année, une enquête a également été lancée aux Pays-Bas concernant le logement, les contrats de travail et les conditions de travail dans les abattoirs, après de nombreux cas de contamination au coronavirus parmi le personnel. Pour y remédier, l’« Aanjaagteam Bescherming Arbeidsmigranten » dirigé par l’ancien leader du SP Émile Roemer a publié en octobre dernier plusieurs recommandations.
La commission Roemer a plaidé pour une meilleure régulation. Il faut notamment mettre fin à la prolifération des quelque 14 000 agences d’intérim. John Klijn de la FNV dit « ôter son chapeau » devant le rapport de Roemer, mais souhaite aller plus loin, a indiqué précédemment l’émission télévisée Eén-Vandaag.
« Ce que la commission Roemer a fait, je le respecte énormément. Pour moi, toutes les recommandations doivent être adoptées telles quelles », déclare Klijn. Mais selon lui, cela n’offre pas de solution véritable : « Car le cœur du problème demeure : des milliers de personnes dans le secteur de la viande qui arrivent en tant que travailleurs flexibles. »
« C’est pourquoi je suis aussi très séduit par ce qu’a fait la chancelière Angela Merkel en Allemagne », explique-t-il. Après plusieurs épidémies de coronavirus dans l’industrie de la viande, la politique allemande est intervenue. Une cause importante était le travail flexible. Les personnes vivaient en grands groupes et étaient employées dans différentes entreprises.
« Maintenant, c’est fini, les gens doivent être embauchés directement par les abattoirs », résume Klijn la loi allemande. « Et cela a déjà eu un effet. Les plus grands acteurs du secteur de la viande, comme Vion, qui est aussi présent aux Pays-Bas, ont déjà embauché 3 300 personnes. » Le représentant de la FNV espère que l’exemple allemand sera suivi aux Pays-Bas, et que la politique locale limitera également fortement les agences d’intérim ici.

