Le parlement français a adopté une loi nationale sur le climat visant à rendre les déplacements, le logement, l’agriculture et l’industrie plus propres et économes en énergie. Mais selon les écologistes, cette loi sur le climat est loin d’aller assez loin pour réduire drastiquement les émissions de CO2.
La loi du président Emmanuel Macron affecte quasiment toute l’économie, y compris l’agriculture, mais aussi les bâtiments historiques ainsi que les industries aéronautique et automobile. Les secteurs d’activité disposent de deux ans pour réduire leurs émissions ; sinon un système d’amendes menacera. Cela s’applique aussi à l’utilisation de produits chimiques dans l’agriculture et l’élevage.
Les désaccords au Sénat et au Parlement, ainsi qu’entre les nombreux groupes d’intérêts agricoles régionaux français et les organisations environnementales, ont conduit ces derniers mois à de multiples assouplissements et compromis. Les critiques reprochent à Macron d’accepter des lois climatiques drastiques au niveau de l’UE, tout en cédant face à la résistance et aux critiques dans son propre pays. L’an prochain auront lieu les élections présidentielles, et Macron espère être réélu.
Une subvention sera mise en place pour encourager l’achat de voitures plus propres et pour éliminer progressivement les véhicules les plus polluants. Une aide sera également accordée pour la rénovation des logements et autres bâtiments énergivores, ainsi qu’une interdiction des vols intérieurs courts sur les trajets pouvant être effectués en train.
Un panel de 150 citoyens, convoqué par Macron, a travaillé pendant des mois sur des recommandations pour la loi climat, mais les critiques affirment que le président en a atténué les propositions. La création d’un tel panel citoyen était la réponse de Macron aux manifestations violentes et en colère des « gilets jaunes ».
Macron a soutenu la semaine dernière un plan de l’Union européenne visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55 % d’ici 2030 par rapport au niveau de 1990. Les annonces françaises s’alignent sur ces dernières évolutions au niveau européen.
Fin juin, les négociateurs ont atteint un accord provisoire sur la future réforme de la Politique Agricole Commune (PAC), qui doit rendre ce secteur plus vert et durable.
La stratégie européenne « de la ferme à la fourchette » vise notamment à réduire l’utilisation des pesticides chimiques, lutter contre la résistance aux antibiotiques, développer l’agriculture biologique, promouvoir le bien-être animal et lutter contre le gaspillage alimentaire.

