Le gouvernement polonais a fait deux concessions dans une tentative de faire adopter par le parlement la nouvelle loi controversée sur le bien-être animal. Le Premier ministre Morawiecki affirme que la loi n’entrera en vigueur qu’en janvier 2022 afin de donner plus de temps aux agriculteurs et aux éleveurs de visons pour s’adapter aux changements.
De plus, l’interdiction proposée d’exporter de la viande abattue rituellement ne s’appliquerait pas à la volaille. Hier, le Premier ministre Morawiecki et le ministre de l’Agriculture Puda ont également promis une compensation aux agriculteurs qui ne pourraient pas modifier leurs filiales, mais les paysans polonais manifestants ne croient pas entièrement à ces déclarations.
Il est incertain que ces concessions lèveront les objections au Sénat qui a entamé mercredi un débat décisif et un vote. Hier, environ 60 000 agriculteurs ont manifesté à Varsovie, s’opposant à de nombreuses dispositions de cette loi. La semaine dernière également, ils ont défilé avec leurs tracteurs et ont dressé des barrages routiers.
Depuis plusieurs régions polonaises, les agriculteurs sont arrivés mardi à Varsovie. Ils étaient accompagnés par des syndicats, des organisations agricoles, des chasseurs et des vétérinaires.
Avant le débat, le président du PiS et vice-Premier ministre Jarosław Kaczyński a déclaré qu’il n’avait pas l’intention de retirer ses plans. Selon lui, il est urgent de moderniser les secteurs agricoles polonais, souvent de petite échelle et obsolètes.
La persistance des infections de peste porcine africaine ainsi que la réapparition régulière de la grippe aviaire représentent, pour de nombreux Polonais, un argument en faveur de règles gouvernementales plus strictes et de contrôles renforcés dans la vaste campagne polonaise.
L’interdiction proposée de l’abattage rituel est considérée comme une interdiction déguisée des exportations de viande polonaise vers les pays islamiques. Elle signifierait aussi la fin de l’industrie polonaise du poulet, mais une exception pourrait désormais être envisagée à ce sujet.
Le débat au Sénat à Varsovie est très animé car les sénateurs de la coalition comme de l’opposition sont divisés sur ce projet de loi, et l’issue du vote restera inconnue jusqu’à la fin. Une forte pression est exercée sur les sénateurs par les agriculteurs manifestants à Varsovie, qui exigent le rejet de cette loi.
Les agriculteurs polonais voient comme un signe positif la recommandation de la commission de l’Agriculture de rejeter le projet de loi dans son intégralité. Une version antérieure d’une loi agricole stricte avait déjà été rejetée de cette manière il y a quelques années.

