Le industriel allemand de la viande Clemens Tönnies a exhorté les politiciens à Berlin à poursuivre la rénovation de l'élevage, car sinon, tôt ou tard, ce secteur disparaîtra.
Le propriétaire de plusieurs grandes abattoirs porcs a déclaré dans une interview au "Neue Osnabrücker Zeitung" (NOZ) que l'Allemagne a besoin d'un engagement clair des politiciens envers l'agriculture.
"Les plans pour une transition dans l'élevage devraient être avancés afin de créer des perspectives pour les agriculteurs. C'est ce que j'attends des partis politiques et du nouveau gouvernement fédéral, quelle que soit leur composition", a déclaré Tönnies. Il s'est ainsi rallié aux plans d'avenir élaborés par la Commission Borchert (ex-ministre).
Cette commission a proposé que dans vingt ans, tous les animaux en Allemagne soient tenus dans des étables bénéficiant d'air frais. En raison d'une politique de bien-être animal renforcée, une reconstruction de plusieurs milliards pour les étables et les enclos à poules est nécessaire.
Le nouveau gouvernement fédéral doit enfin "prendre cela en mains", a dit Tönnies. "Sinon, l'élevage cessera tôt ou tard ici, entraînant avec lui toute la branche économique."
Les ministres de l'agriculture des seize Länder allemands se sont aussi penchés ce week-end sur les questions de bien-être animal, comme la rénovation des étables ou des alternatives à l'abattage des poussins. En cas d'objectifs contradictoires entre bien-être animal, droit de la construction et droit des émissions, le bien-être animal doit prévaloir, sans augmentation des cheptels, ont-ils convenu.
Les Länder se sont largement mis d'accord lors de leur conférence agricole sur un label national contraignant de bien-être animal, mais la ministre fédérale de l'Agriculture Julia Klöckner leur a rappelé le droit européen, qui pourrait faire obstacle à cette mise en œuvre. De plus, le Bundestag devra bientôt – après la formation d'une nouvelle coalition – décider du financement de ces projets.
Les ministres des Länder s'accordent sur le fait que le financement d'une telle modernisation du secteur agricole serait mieux assuré par l'instauration d'une taxe nationale, qui devrait s'élever à 41 centimes pour la viande et 2 centimes pour le lait. Cette question constituera la semaine prochaine le cœur des débats entre les partis politiques allemands sur la formation d'un nouveau gouvernement de coalition.

