Le retour du loup aux Pays-Bas est une situation unique car l’animal ne s’était jamais installé auparavant dans un pays avec une telle densité de population humaine et de bétail. C’est ce qu’affirment des chercheurs de Wageningen du WENR dans la revue spécialisée Nature, à propos d’un rapport publié mercredi.
Le loup a découvert les Pays-Bas ces dernières années comme zone de passage migratoire et plusieurs individus ont décidé de s’y établir. Pendant 150 ans, il n’y a pas eu de loups aux Pays-Bas, mais au cours des six dernières années, 34 ont été observés et une quinzaine s’y sont installés. Les chercheurs s’attendent à ce que ce nombre augmente dans les années à venir, mais la vitesse de cette progression est inconnue.
Cette étude a été réalisée pour le compte de BIJ12, du ministère de l’Agriculture, de la Nature et de la Qualité alimentaire ainsi que du Forum interprovincial. Le plan gouvernemental actuel pour les loups Interprovinciaal Wolvenplan doit être révisé.
Bien que la majorité des dégâts causés au bétail ne soient pas dus aux loups, mais aux chiens et aux renards, une bonne protection des troupeaux contre les loups est essentielle pour permettre une cohabitation durable, conseillent-ils. Si un loup ou un chien touche un fil électrique, l’animal apprend assez vite à s’en éloigner.
Mais il faut être constant, sinon cela ne sert à rien, soulignent les chercheurs. Les Pays-Bas disposent d’un programme de compensation pour les dégâts causés par les loups. De plus, des subventions existent pour les mesures préventives. Les chiffres montrent cependant que l’intérêt pour en bénéficier est faible. Même dans des zones sensibles comme la Veluwe et le Drenthe, peu de demandes de subventions sont enregistrées.
Le rapport dresse aussi un portrait de l’origine de la population de loups. Ces dernières années, les loups sont actifs dans près de la moitié des Pays-Bas. La taille moyenne d’un territoire de loup est de deux cents kilomètres carrés. Jusqu’à présent, six territoires ont été identifiés : un dans le Drenthe, deux dans l’Overijssel, deux dans le Gelderland et un dans le Noord-Brabant.
La majorité des loups « néerlandais » provient d’Allemagne et de Pologne. Cette population migre vers l’Ouest et le Sud, s’installant au Danemark, aux Pays-Bas, en Belgique, en République tchèque et en Autriche. Quatre d’entre eux vivent désormais dans la Veluwe.
Deux autres proviennent de la population alpine de loups (France, Suisse, Nord de l’Italie). L’un de ces loups habite désormais la province de Brabant.

