Le suspect russe dans l’affaire MH17, Oleg Poelatov, a indiqué à ses avocats qu’il voulait faire une déclaration, éventuellement devant le tribunal de Schiphol. Mais ses deux avocats néerlandais lui ont déconseillé cette démarche car un mandat d’arrêt international a été émis contre lui par les Pays-Bas.
Les deux avocats néerlandais, Sabine Ten Doesschate et Boudewijn van Eijck du cabinet Sjöcrona Van Stigt, ont rencontré leur client pour la première fois en personne mercredi dernier "quelque part en Russie", ont-ils annoncé ce matin lors de la reprise du procès au tribunal à haute sécurité de Schiphol. Les autres suspects, un Ukrainien et deux Russes, ne se sont pas présentés, ne sont pas représentés et sont jugés par défaut.
Les deux avocats affirment que leur client nie toutes les charges, qu’il ne sait rien et précisent que cet entretien leur a apporté de nouvelles perspectives. Ils comptent déposer de nouvelles demandes pour des investigations complémentaires et pour auditionner davantage et d’autres témoins.
Promotion
Les deux procureurs Thijs Berger et Ward Ferdinandusse ont réagi en disant que la défense ne présente rien de nouveau jusqu’à présent : dès le début du procès en mars, ils avaient déclaré que le suspect ne savait rien et niait tout. Ils craignent manifestement une tactique de retardement.
Le ministère public (OM) affirme qu’Oleg Poelatov a bien joué un rôle dans la surveillance du site de lancement et indique disposer de preuves sous forme d'écoutes téléphoniques. On y entend notamment que le co-suspect Sergey Doebinskiy dit à Poelatov qu’un missile Buk est en chemin. Les avocats ont reconnu que c’est bien Poelatov qui parle dans ces conversations interceptées.
De plus, les avocats ont réitéré leur souhait d’entendre plus de témoins et d’autres témoins, tout en précisant qu’ils doivent encore formuler leurs demandes pour des enquêtes complémentaires. Le juge d’instruction et le président du tribunal multiple se sont montrés jusque-là réservés, mais semblent vouloir accorder à la défense jusqu’au début novembre pour soumettre par écrit ces requêtes d’« enquêtes complémentaires ».
Ce contexte est également lié au fait que les avocats estiment que le précédent rapport accablant du Conseil d’enquête sur la sécurité (OVV) ne doit pas être utilisé comme preuve dans ce procès, ou qu’ils doivent pouvoir interroger eux-mêmes tous les experts consultés et leurs éléments de preuve dans ce procès.
Le 19 juin 2019, cinq ans après l’abattage de l’avion de ligne malaisien MH17, l’équipe internationale d’enquête conjointe (JIT) a désigné quatre suspects présumés impliqués dans le transport du système de missiles Buk.
Trois d’entre eux sont Russes : Igor Girkin (Strelkov), ancien colonel du service de renseignement russe FSB et ancien soi-disant ministre de la Défense de la soi-disant "République populaire de Donetsk" ; Sergey Dubinskiy, général du service de renseignement des forces armées russes et chef du soi-disant « bureau principal du renseignement de la République populaire de Donetsk » ; Oleg Pulatov, lieutenant-colonel du principal service de renseignement de l’état-major général des forces armées russes. Le quatrième suspect est Leonid Kharchenko, un citoyen ukrainien,
Le vol MH17 de Malaysia Airlines, en route d’Amsterdam vers Kuala Lumpur, a été abattu en juillet 2014 au-dessus de l’est de l’Ukraine. Il y avait 283 passagers et 15 membres d’équipage à bord. Tous sont morts. Le JIT a rapporté que l’avion a été abattu par un système de missiles Buk appartenant à la 53e brigade de missiles de défense aérienne des forces armées russes stationnée dans la ville russe de Koursk.

