En France, les succès des manifestations agricoles risquent à nouveau d'être anéantis par les changements politiques imminents. La chute du gouvernement à la suite d'une motion de censure a provoqué une consternation dans certaines parties du secteur agricole.
L'Association des Chambres d'Agriculture a parlé d'une « véritable catastrophe » et déclare que le secteur ne doit pas être pris en otage par des conflits politiques. Le syndicat agricole a exhorté les agriculteurs à suspendre pour l'instant leur coopération lors des contrôles officiels sur les exploitations. Ce type de menace est d'ailleurs très courant dans les relations entre les agriculteurs français et le gouvernement de Paris.
Le président de la Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles (FNSEA), Arnaud Rousseau, a appelé tous les agriculteurs sur les réseaux sociaux à interpeller les députés dans leurs circonscriptions et à leur demander comment les promesses antérieures seront tenues. Selon Rousseau, les agriculteurs doivent également refuser tous les contrôles officiels jusqu'à la mise en œuvre des concessions.
Le président de la FNSEA a demandé au futur Premier ministre de garantir immédiatement après son investiture la mise en œuvre de toutes les mesures précédemment annoncées. L'identité du successeur de Barnier n'est pas encore connue. Il est également incertain qu'il y ait un nouveau ministre de l'Agriculture.
Entre-temps, la plus petite organisation agricole Coordination Rurale (CR) est restée explicitement neutre. Ce syndicat tient le président Emmanuel Macron responsable de l'apaisement des préoccupations des agriculteurs et du respect des promesses déjà faites par le cabinet Barnier.
Barnier a récemment annoncé répondre aux principales revendications des agriculteurs en protestation. Le président Macron a souligné qu'il nommerait un nouveau Premier ministre dès que possible. Cependant, il est encore totalement incertain sur quelle coalition parlementaire le nouveau gouvernement pourra s'appuyer et dans quelle mesure celui-ci se sentira lié par les engagements de ses prédécesseurs.
Comme on le sait, lors des élections législatives de juillet, aucune formation parlementaire n'a obtenu la majorité. De manière surprenante, l'alliance de gauche ‘‘Nouveau Front Populaire’’ (NFP) est devenue la principale formation avec 182 députés. Le centre autour de Macron a obtenu 168 sièges, le Rassemblement National (RN) et ses alliés d'extrême droite disposent de 143 sièges à l'Assemblée Nationale.
L'alliance de gauche ne faisait pas partie du cabinet Barnier. Les Républicains conservateurs, en revanche, n'ont que 46 membres à la chambre basse, mais comptent toujours plusieurs ministres, y compris l'actuelle responsable du ministère de l'Agriculture, Annie Genevard.

