Le Conseil fédéral allemand a approuvé après des années de discussions une nouvelle loi sur le bien-être animal. Celle-ci impose des exigences beaucoup plus strictes aux porcheries.
Le ministère de l'Agriculture estime le coût de la transformation des porcheries à environ 1,1 milliard d'euros. Au moins 300 millions d'euros pourront provenir d'un dispositif de subvention pour l'adaptation des bâtiments agricoles, dont certaines parties devront être prêtes d'ici cinq ans, et d'autres au plus tard dans dix ans.
Le gouvernement fédéral allemand a longtemps débattu du renforcement de cette loi, déjà adoptée auparavant par le Bundestag et par les parlements régionaux. Certains Länder souhaitaient une loi beaucoup plus stricte, tandis que des régions plus agricoles s'y opposaient.
Après plusieurs tentatives infructueuses et propositions de compromis, le Conseil fédéral a approuvé vendredi soir une motion plénière présentée par les Länder de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Schleswig-Holstein et Basse-Saxe.
La nouvelle loi précise notamment la durée pendant laquelle les truies peuvent rester dans la case de mise bas. Dans cette case, les truies disposent temporairement d'une liberté de mouvement réduite pour éviter qu'elles n'écrasent leurs porcelets. De plus, les cases en acier seront interdites.
Il y a cinq ans, le tribunal avait jugé que la situation dans les porcheries actuelles était illégale car les porcs pouvaient à peine étendre leurs pattes. La proposition actuelle du ministre de l'Agriculture Julia Klöckner prévoit l'agrandissement des cases, avec des espaces d'au moins 2,20 mètres de longueur et de 65 à 85 centimètres de largeur. Les agriculteurs disposeront de 15 ans pour rénover leurs bâtiments.
La ministre de l'Agriculture Julia Klöckner a déclaré à ce sujet : « Nous encourageons la transition. Parallèlement, une sécurité juridique et en matière de planification a été créée pour les agriculteurs en Allemagne. » Les petites et moyennes exploitations doivent également pouvoir élever durablement les truies. Le financement aide à respecter les nouvelles exigences à temps, indique le gouvernement allemand.
Après une période de transition de huit ans, les truies ne pourront plus être élevées dans des cages grillagées. Elles devront alors être maintenues uniquement en groupe. La contention ne sera possible que pour une courte durée. L’espace de groupe devra couvrir une surface au sol d’au moins cinq mètres carrés par truie. Les mangeoires pourront toujours être utilisées. Une aire d’activités devra également être aménagée pour les animaux.
Le vote sur l’agrandissement des porcheries avait déjà été retiré de l’ordre du jour du Conseil fédéral en février. Peu après ce report, la crise du coronavirus a éclaté.
Au sein de l’UE, il n’existe pas encore de réglementation uniforme concernant les cases de mise bas. Au Danemark, aux Pays-Bas et en Autriche, il existe des prescriptions légales concernant le séjour dans les cases de mise bas, en Suède cette pratique est interdite depuis 1988, au Royaume-Uni depuis 1991.

