Le commissaire européen d’origine polonaise, Janusz Wojciechowski, compare les bombardements russes sur les structures agricoles ukrainiennes à la célèbre famine russe des années trente.
Selon lui, la Russie cible délibérément la destruction de l’approvisionnement alimentaire afin d’affamer l’Ukraine, établissant un parallèle avec la Grande Famine de l’époque, le « Holodomor ».
« Il n’existe qu’une seule interprétation : ils veulent provoquer la faim et l’utiliser comme méthode d’agression ». Wojciechowski a déclaré que la Russie avait attaqué intentionnellement de grandes exploitations avicoles. Selon Wojciechowski, la Russie utilisait la nourriture comme « arme ». Le commissaire au commerce lituanien Valdis Dombrovskis a affirmé que la Russie semble « attaquer et détruire délibérément les réserves alimentaires et les installations de stockage ukrainiennes ».
Ce n’est « pas la première fois » que les Russes utilisent l’arme de la faim. Wojciechowski a expliqué que l’action russe actuelle est comparable à la méthode employée par le dirigeant soviétique Joseph Staline dans les années trente contre l’Ukraine et le Kazakhstan.
Le Holodomor est une combinaison des mots ukrainiens signifiant « affamer » et « provoquer la mort ». Depuis 2006, l’Ukraine et 15 autres pays ont reconnu le Holodomor comme un génocide commis par le gouvernement soviétique contre le peuple ukrainien.
Le ministre ukrainien de l’Agriculture, Roman Leshchenko, a déclaré lundi que les entreprises agroalimentaires ukrainiennes sont sur le point de s’effondrer. Leurs réserves devraient être épuisées dans un mois ou deux, a-t-il dit. Pour aider l’Ukraine, la Commission européenne a mis en place un programme d’aide d’urgence de 330 millions d’euros pour garantir l’accès aux biens essentiels.
Ainsi, les Polonais fourniront chaque jour des millions de litres de diesel pour les tracteurs ukrainiens ; la facture sera payée par l’UE.
Comme la marine russe a bloqué les ports ukrainiens en mer Noire et que l’exportation de céréales est par conséquent à l’arrêt, on travaille désormais également au transport de céréales par voie terrestre vers les ports polonais du nord, Gdansk et Gdynia, sur la mer Baltique, a révélé Wojciechowski mercredi lors d’une conférence de presse à Bruxelles.

