Un tribunal belge a annulé un permis de construire pour un poulailler, ce qui remet en cause le régime d'azote PAS, avec des conséquences potentiellement importantes.
Pour la première fois, un juge belge a suspendu un permis uniquement sur la base de l’argument de l’azote. Les médias flamands évoquent déjà des « situations à la néerlandaise ».
Le poulailler est situé près d’une zone naturelle précieuse qui fait partie du réseau Natura 2000. Selon le juge, l’éleveur flamand ne peut pas prouver que son projet d’extension ne portera pas davantage atteinte à cette zone naturelle.
Étant donné que 80 % des zones Natura 2000 belges subissent un excès d’azote, la Flandre viole déjà depuis plusieurs années la directive Habitat de l’UE.
Le journal flamand De Standaard fait référence aux Pays-Bas, qui ont également tenté de contourner la directive Habitat avec une comptabilité créative de l’azote. Cependant, cette « solution juridique » néerlandaise a été réfutée par la Cour de justice de l’Union européenne. Cela a entraîné l’arrêt soudain de 18 000 projets du jour au lendemain.
Pour les permis liés à la nuisance environnementale, la Belgique est divisée en trois zones : rouge, orange et verte. Dans les zones rouges, les nuisances environnementales doivent être arrêtées et réduites, et dans les zones orange, les nuisances ne doivent pas augmenter.
Dans les zones vertes, les exploitations agricoles qui souhaitent étendre leur cheptel doivent indiquer dans une étude d’impact environnemental dans quelle mesure leurs émissions d’azote augmenteront. Cette étude doit être vérifiée par des experts indépendants.
Une étude d’impact environnemental n’est nécessaire que si l’augmentation prévue des émissions d’azote est inférieure à cinq pour cent. Le Conseil des contestations de permis juge désormais qu’une enquête est toujours nécessaire, quelle que soit l’augmentation prévue. Selon le Conseil, le seuil de cinq pour cent n’est pas scientifiquement justifié.
Dans une réaction, la ministre flamande Zuhal Demir indique que les conséquences exactes de l’arrêt sont encore en cours d’analyse, mais selon elle, cela ne conduira probablement pas à un arrêt complet des permis comme cela a été le cas aux Pays-Bas.

