L'élargissement anticipé de ces critères d'autorisation des OGM était plus tôt cette année l'une des 'conditions' posées par les chrétiens-démocrates européens pour collaborer aux plans de l'UE destinés à réduire l'utilisation d'engrais chimiques et de produits phytosanitaires en agriculture et horticulture.
Seuls les Verts et la Gauche rejettent la proposition actuelle sur les OGM, partiellement parce qu'elle n'impose pas de mention obligatoire sur l'étiquetage des produits génétiquement modifiés. Si la proposition est adoptée, elle aura de graves conséquences pour la protection des consommateurs, le principe de précaution, l'agriculture biologique, la culture sans OGM et la biodiversité, a déclaré le Vert allemand Martin Häusling.
Les chrétiens-démocrates, les conservateurs, les libéraux et une partie des sociaux-démocrates voient de grandes opportunités dans l'autorisation des nouvelles techniques de sélection. Un premier débat montre qu'ils souhaitent agir rapidement afin de faciliter la voie pour ces nouvelles techniques avant les élections européennes au printemps 2024. Cette procédure accélérée a été rendue possible en partie grâce à une concession annoncée par la présidence espagnole de l'UE.
La proposition figure déjà à l'agenda des réunions du mois prochain des commissions AGRI (agriculture) et ENVI (environnement). Cette dernière commission détient un rôle décisif sur leur rapport concernant les NTG. En janvier, un vote en séance plénière à Strasbourg est prévu, afin que les négociations avec les États membres et la Commission européenne en trilogue puissent être finalisées avant les élections européennes.
Plus tôt cette année, la commissaire à l'environnement Virginius Sinkevicius avait déclaré que la rédaction de nouvelles règles européennes sur les OGM prendrait encore beaucoup de temps, car de nombreuses recherches sont nécessaires sur les conséquences juridiques et la responsabilité éventuelle doit être clarifiée. Cela est jugé particulièrement important dans le cas où Bruxelles ne souhaiterait pas appliquer le devoir de précaution pour le crispr-cas.
L'accélération du processus d'autorisation est critiquée par les Verts et la Gauche. La rapporteure suédoise Jessica Polfjärd (PPE/CDA) rejette totalement l'étiquetage des variétés NTG. De ce fait, les techniques génomiques pourraient également être utilisées en agriculture biologique, ce que craint l'opposition. Il est incertain qu'une majorité au Parlement plénier se dégage sur cette question.
Les décisions concernant les procédures OGM à Bruxelles et Strasbourg coïncident avec les décisions imminentes de la Commission européenne, des ministres de l'Agriculture et de l'Environnement ainsi que des responsables politiques de l'UE au sujet de plusieurs propositions agricoles majeures.
Parmi celles-ci, il faudra encore trancher dans les mois à venir sur, entre autres, la loi LNR de restauration de la nature, la réduction des pesticides SUR, l'interdiction du glyphosate, le règlement sur la qualité des sols, la pollution au sodium des eaux souterraines, ainsi que la modernisation de la loi sur le bien-être animal.

