Les pays de l’UE peuvent offrir un soutien supplémentaire aux agriculteurs et aux petites entreprises alimentaires si la Commission européenne obtient gain de cause. C’est ce qu’a annoncé le commissaire européen Wojciechowski lors d’une réunion extraordinaire de la Commission de l’Agriculture du Parlement européen.
Les pays de l’UE sont autorisés à verser une aide unique de 5 000 euros aux entreprises agricoles à partir du fonds de l’UE pour le développement rural. Pour les petites et moyennes entreprises alimentaires, cette aide peut atteindre 50 000 euros. Lors des discussions budgétaires précédentes, il était déjà clair qu’il subsistait des réserves financières dans ce fonds rural, mais les députés européens, le commissaire Wojciechowski et la Commission européenne n’étaient pas d’accord sur l’utilisation à donner à ces fonds.
Cette mesure doit alléger la pression créée par la crise du coronavirus dont souffrent de nombreuses exploitations agricoles. Il reste cependant que les gouvernements de l’UE et le Parlement européen doivent encore l’approuver. Cela pourrait intervenir dès cette semaine lors d’une réunion extraordinaire de la Commission de l’Agriculture avec le vice-président Frans Timmermans. La Commission de l’Agriculture souhaite savoir comment il envisage, dans le cadre de son Pacte vert, d’organiser les réformes agricoles de la fourche à la fourchette (Farm to Fork, F2F). Et, par conséquent, quelle sera la dotation budgétaire future pour une politique agricole commune éventuellement adaptée.
La Commission européenne a déjà proposé des mesures de soutien temporaires pour notamment l’horticulture, les produits laitiers, la viande, les légumes et les fruits. Ainsi, il est devenu possible de stocker du beurre, du fromage, du lait écrémé en poudre, ainsi que de la viande de bœuf, d’agneau et de chèvre jusqu’à six mois dans des entrepôts frigorifiques. Une mesure a également été mise en place pour le rachat des excédents de stocks de pommes de terre.
Il y a deux semaines, la Commission de l’Agriculture du Parlement avait appelé à une action plus ciblée, incluant des mesures de marché telles que le stockage privé. Les députés européens avaient également demandé à mobiliser le mégafonds européen de relance lié au coronavirus en préparation, afin d’utiliser ces milliards pour aider les secteurs agricoles en difficulté.
La réaffectation désormais approuvée des financements agricoles inutilisés fait partie des mesures visant à contenir les effets de la crise dans les zones rurales. Un fonds agricole pour le développement rural plus simple et plus flexible permettrait d’accorder des prêts et des garanties aux conditions avantageuses pour couvrir jusqu’à 200 000 € de dépenses opérationnelles.
De plus, le secteur laitier obtient l’autorisation d’établir des accords sur les volumes de production, tandis qu’un dispositif de rachat est instauré pour les fleurs et plantes. La réduction de l’offre de ces produits sur le marché doit stabiliser la production future et les prix. Le commissaire européen à l’agriculture Janusz Wojciechowski est confiant que ces mesures offriront « un soutien tangible et une certaine stabilité rapide » au secteur.

