Au sein de la commission de l'Agriculture du Parlement européen, de nombreuses réserves subsistent à propos de la proposition d'utiliser des subventions de l'UE pour promouvoir davantage l'agriculture biologique. Plus de publicité pour les aliments biologiques et davantage de fonds européens pour les agriculteurs souhaitant passer à l'agriculture biologique sont deux axes majeurs de ce plan.
Les Commissaires Timmermans (Environnement), Kyriakides (Alimentation) et Wojciechowski (Agriculture) défendent dans leur Green Deal que d'ici 2030, un quart des terres agricoles soit biologique. Actuellement, ce chiffre est de 8,5 %. Les Pays-Bas sont bien en dessous avec 3,7 %, l’un des pourcentages les plus faibles de l’UE.
De nombreux eurodéputés ont interrogé mercredi après-midi le Commissaire Wojciechowski lors de la réunion régulière de la commission AGRI sur la manière dont il compte atteindre cet objectif. Ils ont également évoqué le fait que la demande des consommateurs pour les produits biologiques est insuffisante, ceux-ci étant généralement plus coûteux que les aliments « conventionnels ».
Promotion
Pour faire baisser les prix, les États membres peuvent réduire la TVA sur les produits alimentaires biologiques, a suggéré Wojciechowski. Il affirme également qu'il existe une importante demande « latente » pour le bio, à condition qu’il soit plus facilement accessible via des « circuits courts ». Actuellement, dans de nombreux pays européens, il y a très peu de « magasins bio » avec des produits biologiques et/ou écologiques.
La commission de l'Agriculture estime que, certes, l’UE doit davantage œuvrer pour améliorer la biodiversité, mais sans que cela se fasse au détriment du secteur agricole conventionnel. La commission AGRI nourrit de nombreuses réserves et pose différentes conditions à cette nouvelle priorité dans les flux des subventions européennes.
Une stratégie ambitieuse de l'UE pour stopper la perte de biodiversité doit impérativement reposer sur des faits et des chiffres scientifiques, a-t-on souligné. La commission a ainsi réitéré son appel antérieur à réaliser d'abord des études de faisabilité sur les conséquences possibles du Green Deal.
L'eurodéputé néerlandais Bert-Jan Ruissen (SGP) a également exprimé de sérieux doutes quant à l’objectif qu’un quart des terres soit biologique : « Je peux comprendre que Bruxelles veuille stimuler la demande de produits biologiques. Mais cela ne concorde pas avec un objectif imposé d'en haut concernant les terres agricoles. On ne peut pas exiger des agriculteurs qu'ils produisent des choses pour lesquelles il n’y a pas de demande. »
La nouvelle Politique Agricole Commune (PAC) devra jouer un rôle clé dans la protection de la biodiversité sur les terres agricoles, affirme la commission de l'Agriculture. Cette « liste de souhaits agricoles » est désormais soumise à la commission de l’Environnement (ENVI), qui devrait adopter la semaine prochaine la stratégie biodiversité du Parlement européen.

