Les deux n'ont pas réussi à franchir l'étape finale de leur examen européen lors des audiences orales, et doivent maintenant fournir des explications écrites supplémentaires sur une huitaine de points dans un délai de douze heures. Leur volonté d'adopter ou non dimanche leur nomination à l'Assemblée européenne en dépendra.
Le principal obstacle est l'héritage du Green Deal de l'ancien commissaire Frans Timmermans. Après que les chrétiens-démocrates aient lancé il y a quelques mois leur offensive frontale contre la loi sur la restauration de la nature, la Commission européenne a reporté plusieurs décisions liées au Green Deal.
Par ailleurs, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a offert à la communauté agricole « un dialogue constructif ».
Selon les chrétiens-démocrates du PPE, cela signifie que les propositions déjà préparées concernant le bien-être animal, une nouvelle stratégie forestière et des sols, les micro-plastiques ainsi que la réduction des produits chimiques en agriculture sont repoussées à une nouvelle Commission en 2024. Leur sort ultérieur reste incertain.
Pour le président Pascal Canfin de la commission ENVI - qui gère la procédure de candidature -, toutes ces lois Green Deal sont prêtes d’un point de vue administratif et technique, et seule une « volonté politique » est nécessaire pour les soumettre au Parlement et les inscrire à l’ordre du jour.
Le fait que le commissaire slovaque Sefcovic soit resté évasif à ce sujet lors de son audition orale est reproché tant par le gauche unie et les Verts que par une partie de sa propre formation S&D. Une partie des libéraux estime aussi « qu’il est grand temps de prendre des décisions sur ces dossiers ».
Dans ce cas, la présidente Von der Leyen devra aussi clarifier ce qu’elle entendait lorsqu’elle affirmait « que nous restons attachés au Green Deal ».
Selon une explication donnée par le président de l’ENVI, Canfin, il était par ailleurs clair tant pour Hoekstra que pour Sefcovic quels étaient au minimum leurs engagements à respecter. Pour Hoekstra, cela incluait son acceptation complète des objectifs climatiques à l’horizon 2040. Les eurodéputés chargés de l’interroger veulent cela noir sur blanc et demandent aussi des précisions sur les dossiers dans lesquels il a été impliqué en tant que consultant chez McKinsey.
Le fait que la commission d’examen de Sefcovic souhaite avoir noir sur blanc qu’il soumettra ces reliquats du Green Deal peut poser problème, car Von der Leyen a déjà promis un dialogue aux agriculteurs. Il n’est pas clair s’il s’agit seulement d’un report ou si le sort de Hoekstra et Sefcovic sera lié à un abandon. Il est en tout cas clair que les deux grands groupes politiques en veulent chacun quelque chose de différent.
Mercredi, les réponses écrites de Hoekstra et Sefcovic seront examinées et discutées par les examinateurs. Si ces réponses sont satisfaisantes, la proposition sera transmise au Parlement dans son ensemble, qui votera jeudi.
Sinon, l’affaire pourra être reportée à fin octobre, début novembre.

