Pour soutenir le secteur de la viande porcine, la Commission européenne doit utiliser des budgets publicitaires et mener des actions promotionnelles pour ouvrir de nouveaux marchés. Bruxelles doit également intervenir sur le marché de l’UE via un dispositif de rachat.
C’est ce qu’écrit le président Norbert Lins de la Commission de l’agriculture du Parlement européen au commissaire AGRI Janusz Wojciechowski.
La Commission européenne a rejeté à plusieurs reprises ce type de demandes ces derniers mois. La haute fonction publique de la Commission a soutenu la semaine dernière que Bruxelles ne dispose ni de possibilités pratiques, ni financières, ni juridiques pour intervenir de manière ciblée. De nombreux pays de l’UE estiment également que Bruxelles doit trouver un moyen d’apporter des fonds supplémentaires.
Jusqu’à présent, la lettre de Lins n’a pas été discutée ni votée sur le fond en commission AGRI, mais ce sera à l’ordre du jour de la réunion ordinaire de mercredi (2 février). Lins précise qu’il écrit sa lettre « avec l’accord de la majorité des groupes au sein de la commission ». Le commissaire européen Wojciechowski rejette l’intervention car, selon lui, il ne s’agit pas d’une question agricole affectant le secteur porcin, mais d’une question macro-financière et économique.
Lins souligne que dans plusieurs pays de l’UE, le secteur porcin est menacé de disparition, ce qui fait que cette branche ne subsiste plus que dans quelques pays. « Continuer à ne rien faire […] conduirait à une concentration de la production de viande porcine, avec toutes les conséquences négatives pour l’environnement, le climat et la régionalisation. Cela contraste fortement avec notre Green Deal et les objectifs et ambitions de la stratégie de la ferme à la fourchette », avertit la lettre.
Lins note aussi que les mesures nationales pour le développement rural ou les aides d’État […] ne sont pas les plus adaptées pour résoudre la situation. Il souligne qu’« il est temps pour la Commission européenne de soutenir fortement le secteur via des activités non discriminatoires (= valables pour tous les pays – ndlr) visant de nouveaux marchés, ainsi qu’une intervention sur le marché au niveau de l’UE. Il faut également tout mettre en œuvre pour contenir et éradiquer l’actuelle épidémie de peste porcine ».

