Sur proposition de l'eurodéputé néerlandais Jan Huitema (VVD/Renew), il est désormais stipulé que Bruxelles doit d'abord s'assurer de la disponibilité suffisante d'engrais de substitution respectueux de la nature avant qu'une restriction imposée puisse être envisagée.
Il doit également y avoir une distinction entre les pesticides « véritablement nocifs » et les types « inoffensifs ». Huitema était l'un des sept rédacteurs du compromis sur la loi SUR relative aux pesticides.
De plus, un « frein » est intégré dans la loi. Si en 2029 il n'y a pas suffisamment d'alternatives disponibles, la nouvelle Commission européenne pourra réduire l'objectif de réduction.
Bien que les groupes de gauche et les organisations environnementales aient mené une campagne intensive contre la prolongation de l'autorisation du glyphosate, il n'y avait pas de majorité dans la commission environnement pour rejeter la prolongation proposée de dix ans. Même si le Parlement européen n'a formellement pas voix au chapitre sur le renouvellement de l'autorisation, leur rejet est néanmoins perçu comme un geste envers les 27 ministres de l'Environnement majoritairement favorables.
Cela ouvre également la possibilité d'un dernier compromis de la Commission européenne qui est actuellement en cours d'élaboration en coulisses. Le mois prochain, la France pourrait jouer un rôle décisif au sein de l'UE concernant l'utilisation limitée du glyphosate.
Ces compromis de la commission environnement sont également une tentative de s'aligner avec leurs collègues de la commission agriculture. Fin novembre, le Parlement au complet doit voter sur les lois concernant les engrais. Il reste incertain si Strasbourg et Bruxelles parviendront encore à un accord commun.
Une dizaine de pays d'Europe de l'Est tentent depuis le début de bloquer totalement la proposition SUR. Onze pays de l'UE souhaitent l'abandon de l'objectif contraignant par pays. Les compromis de la commission environnement vont également dans ce sens.
Des situations similaires se présentent aussi pour d'autres propositions restantes du Green Deal. Par exemple, les ministres et politiciens de l'UE doivent encore s'accorder sur le traitement (final) de la loi sur la restauration de la nature, la directive des sols de l'UE (« comptabilité des sols propres »), les emballages plastiques (pour légumes) et la directive sur les déchets (réduction du gaspillage alimentaire, y compris en agriculture).

