Le commissaire européen Wojciechowski a donné la semaine dernière son premier avis sur les plans stratégiques nationaux de 19 pays de l’UE, dont celui des Pays-Bas.
Étant donné que ces plans agricoles avaient été élaborés et soumis fin de l’année dernière, avant le déclenchement de la guerre en Ukraine, ces pays bénéficient désormais de trois semaines supplémentaires pour adapter leurs plans à l’actualité.
Bruxelles avait auparavant annoncé que les lettres d’évaluation de la Commission seraient rendues publiques, mais cette publication est désormais également repoussée de trois semaines. Par conséquent, il est encore impossible de comparer les plans agricoles des États membres de l’UE.
Lors de son intervention lundi soir à Strasbourg devant la commission de l’agriculture du Parlement européen, Wojciechowski a néanmoins indiqué que certains éléments des nouveaux plans de la PAC des pays de l’UE doivent encore être améliorés.
Concernant les objectifs climatiques et environnementaux de plusieurs pays, il a déclaré qu’« un travail supplémentaire est nécessaire », ajoutant que – bien que certains nouveaux programmes écologiques soient bien développés – d’autres manquent encore d’ambition ou d’objectifs spécifiques.
Dans plusieurs pays de l’UE, la lettre d’évaluation du commissaire européen a été divulguée dans les médias. Des articles de la presse française révèlent ainsi que Bruxelles formule de nombreuses critiques à l’encontre des plans français et invite Paris à « fournir des clarifications et des explications » ou à « procéder à des ajustements ». En revanche, Wojciechowski est apparemment très positif au sujet de l’Autriche, mais émet des réserves concernant les zones marécageuses et les terres humides en Irlande.
Wojciechowski a également souligné que l’UE ne considère pas que la contribution de la politique agricole à la stratégie biodiversité ni au passage de la ferme à la table doivent être abandonnés ou affaiblis après l’invasion russe en Ukraine.
Il a d’ailleurs rappelé aux responsables européens que la « disposition de suivi » du Green Deal lui permettait d’intervenir en cours de route pour reporter d’un an la mise en jachère des zones dédiées à la biodiversité. Il a précisé qu’il s’agissait d’environ 4 millions d’hectares, une surface comparable à la taille des Pays-Bas ou de la Tchéquie, a-t-il dit.

