Avec 417 voix pour, 162 contre et 25 abstentions, le Parlement européen a soutenu cette flexibilité nationale. Cet assouplissement des règles fait partie d’un ensemble plus large d’allègements des obligations du Green Deal. Un vote à ce sujet aura lieu mercredi (24/4) à Strasbourg.
Ces derniers mois, l’Europe a été secouée par des manifestations de paysans contre les restrictions environnementales en matière de politique agricole, et plus généralement contre l’UE. Craignant un gain de voix des partis d’extrême droite aux élections européennes de juin, Bruxelles a décidé de répondre en partie aux revendications des paysans en protestation.
Des groupes environnementaux dénoncent une tactique politique qui sape leur propre Green Deal. L’assouplissement proposé dans la politique agricole fait suite au récent blocage de la proposition limitant l’usage des produits chimiques en agriculture, à la prolongation de l’utilisation du glyphosate critiqué, et à la réduction des mesures visant la restauration de la nature et la protection des sols.
Les Verts et Gauche unie ont annoncé qu’ils voteront contre le « passage en force » de ces règles agricoles à Strasbourg. Les critiques affirment que les modifications législatives sont mises en œuvre sous une pression accrue des ministres de l’Agriculture, sans véritable débat en commissions parlementaires, sans trilogue et sans évaluation d’impact.
Selon les Verts, cela contrevient aux règles de l’UE concernant les modifications des plans politiques. Un avis du Service juridique du Parlement ne peut exclure une possible violation de la loi climatique de l’UE. Leurs deux têtes de liste pour les prochaines élections européennes, Terry Reintke et Bas Eickhout, ont déclaré que les Verts feront des règles environnementales et climatiques du Green Deal un thème central de leur campagne électorale.

