Il est extrêmement rare que ces deux institutions de l’UE menacent de se poursuivre en justice l’une contre l’autre. Cette semaine, les chefs de gouvernement discuteront à nouveau d’un soutien accru à l’Ukraine dans sa lutte contre les occupants russes. Le Parlement européen conditionne le déclenchement d’un procès au résultat de ces consultations.
Les chefs de groupe se réuniront jeudi pour donner au président Roberta Metsola le feu vert final afin de poursuivre la Commission devant la justice avant la date limite du 25 mars. Avec les chefs de groupe du S&D, des Verts, de la Gauche et des libéraux, le chef du PPE Manfred Weber votera en faveur de cette démarche, selon des responsables de partis dans les coulisses.
Une telle action du Parlement européen marquerait une escalation des tensions entre les institutions de l’Union européenne et la Hongrie dirigée par Orbán. Le Premier ministre a à plusieurs reprises critiqué ce qu’il considère comme une ingérence dans les affaires intérieures hongroises par l’UE.
Le PE a appelé à plusieurs reprises la Commission à intervenir en raison des préoccupations liées à l’érosion des normes démocratiques en Hongrie, notamment l’indépendance judiciaire, la liberté de la presse et les droits des minorités.
On s'attend à ce qu’un éventuel conflit juridique entre le Parlement européen et la Commission européenne soit long et complexe, et qu’il crée probablement un précédent quant à la façon dont l’UE traitera désormais les États membres qui portent atteinte à l’état de droit.

