Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a averti que le Green Deal européen pourrait échouer si les pays de l’UE refusaient d’y consacrer des fonds suffisants.
Lors de la session plénière du Parlement européen, Von der Leyen a défendu un budget pluriannuel ambitieux (2021-2027) pour le financement à la fois des politiques traditionnelles actuelles de l’UE, y compris les subventions agricoles, ainsi que des fonds pour de nouvelles priorités telles que la transformation numérique, le Green Deal ou la Défense.
La cheffe de la Commission a souligné tout particulièrement le Green Deal, décrit comme la nouvelle stratégie de croissance de l’Europe. Elle a déclaré aux membres du Parlement européen qu’elle n’acceptera aucun résultat qui ne garantisse pas qu’au moins 25 % du budget soit consacré à la lutte contre le réchauffement climatique. Ses mises en garde interviennent une semaine avant le Conseil européen exceptionnel du 20 février, où les chefs d’État et de gouvernement de l’UE tenteront de réduire leurs divergences sur le budget à long terme.
Lors d’un débat sur le budget de l’UE pour 2021-2027, les députés ont souligné que le Parlement européen n’approuvera un budget pluriannuel que s’il répond aux ambitions de l’UE.
La plupart des parlementaires ont insisté sur le fait qu’un financement suffisant est indispensable pour réaliser des ambitions communes, telles que la lutte contre le changement climatique, la transformation numérique et écologique ainsi que leurs conséquences sociales, ainsi que le maintien du soutien aux régions fragiles. Par exemple, si le Green Deal était mis en œuvre mais que le budget global était réduit, cela impliquerait des coupes dans d’autres programmes européens performants.
Enfin, il est important pour les membres du Parlement européen que de nouvelles sources de revenus pour l’UE soient créées (« ressources propres »). Le président du Parlement, Sassoli, a expliqué lors d’une conférence de presse à Strasbourg qu’il doit être clair dans le budget pluriannuel que le financement futur d’une UE nouvelle et moderne doit être abordé différemment de l’approche administrative et technique actuelle.
Ce financement actuel revient à faire circuler des factures et des montants d’un bout à l’autre, car les ministres de l’UE fixent les montants annuels, puis la Commission européenne doit réaliser le travail, et les factures sont ensuite déduites de ces montants annuels. Cela rend Bruxelles entièrement dépendante de la marge financière que lui accordent à chaque fois les 27 ministres. C’est pourquoi Sassoli a plaidé pour l’instauration d’un « impôt européen ».

