Les sanctions visent notamment les sept politiques hongrois de l’UE du parti dissident Tisza ainsi que les deux députés européens néerlandais du parti agricole BBB. Lors du débat la semaine dernière sur l’accord commercial Mercosur, ils n’avaient déjà pas obtenu de temps de parole au nom du PPE.
Les dissidents du PPE étaient pourtant bien présents et ont prononcé des discours lors de la grande manifestation des agriculteurs devant le bâtiment du Parlement européen, mais ils n’ont pas été autorisés à s’exprimer à ce sujet lors de la séance plénière à Strasbourg.
Ces dissidents n’ont pas seulement soutenu la protestation des agriculteurs contre l’accord Mercosur, ils ont également voté en faveur de la proposition des groupes d’extrême droite visant à démettre la Commission européenne. Cette motion de censure n’a pas obtenu la majorité, mais elle a conduit à une intervention au sein du groupe PPE. Weber avait expressément ordonné que le PPE ne vote pas cette fois-ci avec l’extrême droite.
Lors de votes précédents, des membres insatisfaits du PPE avaient déjà provoqué à plusieurs reprises des majorités favorables aux propositions des groupes d’extrême droite et conservateurs, ce qui a valu au chef de groupe Weber la critique des sociaux-démocrates et des libéraux l’accusant de gouverner le PPE « à droite de l’extrême droite ».
Les sanctions sont en vigueur pour une durée de six mois. Pendant cette période, les députés européens sanctionnés ne peuvent pas parler au nom du groupe PPE lors des réunions du Parlement européen. Ils sont également exclus des rôles de premier plan dans les nouveaux dossiers législatifs.
Ces mesures sont possibles grâce à de nouvelles règles internes au sein du PPE. Le PPE est la plus grande formation au Parlement européen, et rassemble bien plus que des groupes purement chrétien-démocrates. Les sanctions concernent plusieurs députés issus de différents pays de l’UE.
En même temps, l’accord commercial Mercosur fait toujours l’objet de tensions sous-jacentes. Ce dossier provoque de longue date des frictions entre objectifs économiques commerciaux et préoccupations agricoles. Le groupe chrétien-démocrate est considéré comme un pilier du puissant lobby agricole à Bruxelles, mais a dû accepter que leur dirigeante de parti, la présidente de la Commission Von der Leyen, maintienne l’accord Mercosur.
Les plans des commissaires européens pour un nouveau cadre financier pluriannuel et une nouvelle politique agricole ne sont également pas bien accueillis par de nombreux membres du PPE. Bruxelles prévoit de réduire de plusieurs dizaines de milliards les subventions agricoles pour la période 2028-2035, et souhaite fusionner certains fonds de subvention agricoles avec d’autres flux financiers.

