Les membres du Parlement européen ont exprimé presque unanimement leur indignation et leur dégoût envers les ministres et politiciens qui recourent aux paradis fiscaux.
Les révélations des Pandora Papers montrent qu’ils évitent ainsi de payer des impôts dans leur propre pays, tandis que le Parlement européen demande depuis plus de dix ans la suppression des paradis fiscaux.
Lors d’un débat en séance plénière avec des représentants du Conseil des ministres et de la Commission européenne, les parlementaires ont condamné les gouvernements de l’UE pour avoir permis que l’évasion fiscale à grande échelle persiste, en raison de leur incapacité à réformer les lois fiscales.
Bien que certains eurodéputés aient reconnu que des progrès limités ont été réalisés dans l’amélioration des lois de l’UE, ils étaient d’accord avec les autres pour dire que de nombreux pays européens font beaucoup trop peu pour colmater les failles fiscales connues depuis longtemps.
Les parlementaires ont souligné qu’un accord international sur les régimes fiscaux doit être conclu d’urgence et rapidement transposé en droit européen.
Ils ont également souligné le conflit d’intérêts qui a surgi pour les hauts responsables politiques cités dans les Pandora Papers, tels que des ministres de l’UE et des chefs d’État, car ils siègent également dans les instances chargées de lutter contre l’évasion et la fraude fiscales.
Les 27 ministres européens des Finances ont « mis à jour » mardi leur liste noire des pays suspectés de faciliter l’évasion fiscale. Ils le font deux fois par an. La dernière mise à jour coïncide avec les révélations concernant certains ministres et politiciens, comme le ministre néerlandais Hoekstra et le Premier ministre tchèque Andrej Babis, qui avaient investi dans des structures d’investissement aux îles Vierges britanniques. Cet archipel est réputé pour être un paradis fiscal.
La liste noire européenne, créée en 2017 en raison de l’affaire autour de l’évasion fiscale, s’est largement raccourcie ces dernières années. Outre les îles Vierges américaines, on y trouve actuellement aussi Samoa américaines, Fidji, Guam, Palau, Panama, Samoa, Trinité-et-Tobago et Vanuatu.
Des eurodéputés tels que le PvdA Paul Tang et Sven Giegold des Verts qualifient cette liste de pure façade, car les pays de l’UE ne s’y inscrivent jamais mutuellement. Oxfam est également critique depuis plusieurs années.

