Il ne s’agit pas seulement de la démocratie, mais aussi de l’état de droit et des droits fondamentaux qui sont menacés dans ces pays. Lors du débat à Strasbourg, les eurodéputés ont tiré la sonnette d’alarme : ils estiment que la Commission européenne réagit insuffisamment face à des gouvernements aux tendances autoritaires qui cherchent à saper la démocratie. Selon eux, la passivité de la Commission concerne les valeurs de l’UE et les droits fondamentaux.
En ce qui concerne l’indépendance de la justice, le Parlement souligne les différences entre les pays de l’UE. Cela concerne surtout la nomination des hauts magistrats, comme en Hongrie. Dans d’autres pays également, les institutions démocratiques sont modifiées. Par exemple, la Slovaquie propose d’adapter les autorités et le paysage médiatique, et des organisations recevant des financements étrangers sont prises pour cible.
Parallèlement, la corruption demeure une préoccupation majeure pour le Parlement, qui condamne une fois de plus les pratiques systémiques, discriminatoires, opaques et injustes dans les pays de l’UE. En Hongrie, plusieurs entreprises détournent des fonds européens pour enrichir des proches du gouvernement du Premier ministre Viktor Orbán.
En Grèce, le Parlement note la récente mort de trois jeunes Roms. L’indépendance des autorités de surveillance y est également menacée. Par exemple, la gestion grecque du scandale des logiciels espions soulève des inquiétudes. De plus, le Parlement s’oppose à la loi d’amnistie proposée en Espagne, qui vise à accorder l’amnistie à des Catalans condamnés pour violation de la Constitution.
Dans une résolution, les eurodéputés déplorent la violence excessive et le traitement discriminatoire infligés par la police grecque aux manifestants. La même situation est constatée en France, où, en plus de violences disproportionnées contre les manifestants, un nombre excessif de ceux-ci sont arrêtés.
Le Parlement européen constate également que les droits des minorités sont affaiblis dans plusieurs États membres de l’UE. Cela concerne les groupes religieux, les personnes LGBTIQ+, les femmes, les réfugiés et les migrants.
La rapporteure du PE sur la situation annuelle de l’état de droit, la députée néerlandaise Sophie in Veld (Renew/D66), a appelé la Commission européenne à agir plus fermement contre les gouvernements des pays de l’UE qui portent atteinte aux droits des citoyens européens. « Les gens ont le droit de savoir comment se porte l’état de droit dans leur pays. Là où l’état de droit se dégrade, les problèmes surgissent qui affectent directement les citoyens.
La corruption croissante est précisément l’un de ces problèmes. Il y a peu, nous avons vu comment les moyens de prévention contre le covid sont tombés entre de mauvaises mains à cause de la corruption. Aujourd’hui, cela fait un an qu’un accident ferroviaire mortel a eu lieu en Grèce, un accident qui aurait pu être évité si des fonds européens destinés à la sécurité ferroviaire n’avaient pas été détournés. Un exemple de la gravité potentielle de la corruption. »

