La loi sur la santé des sols est urgemment nécessaire, un bon début mais encore trop vague. L'élargissement des techniques OGM est à la fois accueilli favorablement (« un pas en avant ») et rejeté (« une menace »), et ses conséquences restent encore trop floues, selon ce que l'on peut entendre.
Les réactions les plus marquantes viennent de la vice-cheffe de groupe du PPE/CDA Esther de Lange et de Jan Huitema (Renew-VVD), tous deux jusqu'à présent farouchement opposés à la loi de restauration de la nature proposée par le commissaire au Climat Frans Timmermans. Tous deux associent désormais également l'autorisation de crispr-cas et la santé des sols au paquet environnemental du Green Deal.
Plus tôt, De Lange avait accusé Timmermans de « chantage » lorsqu'il liait ces questions. « Si l'on demande aux agriculteurs de réduire davantage l'utilisation des produits, il faut aussi leur donner les outils nécessaires pour protéger leurs cultures avec moins de moyens », déclare aujourd'hui De Lange.
Jan Huitema (VVD, Renew) estime que ces propositions sont étroitement liées. « Sans nouvelles techniques de sélection et une protection alternative des cultures, nous ne pouvons pas bien travailler à la santé de nos sols. » Tous deux donnent ainsi l'impression de soutenir, la semaine prochaine à Strasbourg, (une version de) la loi de restauration de la nature.
Anja Hazekamp (PvdD) et Bas Eickhout (GroenLinks) ne sont pas rassurés par la suppression de l'analyse de risque obligatoire pour les nouvelles cultures génétiquement modifiées. « La modification génétique conduit en réalité à une utilisation bien plus importante de pesticides. Il faut vraiment veiller à ce que cela ne mène pas à une intensification accrue de l'agriculture, alors que la nature en Europe continue de se dégrader. L'innovation ne résout pas tout, mais c'est pourtant le message que cette approche véhicule.» Ils expriment également des réserves quant à la possible octroyance de brevets sur les aliments « modifiés ».
Bert-Jan Ruissen (SGP/ECR) met en garde contre l'octroi de brevets sur le matériel végétal issu des variantes crispr-cas. Il souligne qu'il s'agit de matériel végétal pouvant également être obtenu par sélection classique dans la nature. Il souhaite en outre que l'exemption totale pour les sélectionneurs soit maintenue.
Ruissen a qualifié l'élargissement de la technologie génétique comme une étape importante en avant ; des cultures robustes sont cruciales pour l'approvisionnement alimentaire.
Mo Chahim, membre du PvdA, est d'accord avec la loi sur la restauration des sols de son collègue Timmermans. « Sur un sol pauvre, rien ne pousse. Il est donc essentiel d’améliorer la condition des sols en Europe.
Les nouvelles techniques OGM peuvent aussi jouer un rôle dans notre sécurité alimentaire, surtout alors que l'Europe est de plus en plus confrontée à des sécheresses extrêmes. « La prudence et une évaluation rigoureuse des risques restent néanmoins nécessaires », souligne Chahim.

