Plusieurs jours sont consacrés aux entretiens oraux. L'objectif est que la présidente Ursula von der Leyen puisse faire approuver sa deuxième Commission par le Parlement européen réuni en session plénière fin novembre.
Le calendrier serré imposé par la présidente Von der Leyen est critiqué. Si les interrogateurs du Parlement européen ne sont pas satisfaits des réponses d’un candidat commissaire, les groupes souhaitent garder la possibilité d’une seconde audition.
Les critiques affirment que Von der Leyen cherche à l’éviter avec ce planning strict. Le Parlement européen ne peut pas rejeter un ou plusieurs commissaires, mais - en cas de fort mécontentement - uniquement empêcher la mise en place de l’ensemble de la Commission.
Les auditions orales commencent lundi soir avec le nouveau commissaire proposé pour l’Agriculture et l’Alimentation, le chrétien-démocrate luxembourgeois Cristophe Hansen. Il devra se positionner dans un débat de plus en plus polarisé sur la politique alimentaire.
Ses réponses écrites antérieures ont cependant laissé un goût amer chez de nombreux politiques européens. Selon eux, Hansen met trop l’accent sur l’agriculture au détriment des questions liées à l’alimentation : trop d’agriculteurs et pas assez d’assiettes…
Hansen a réaffirmé la semaine dernière sa promesse de présenter une vision globale pour l’agriculture et l’alimentation dans ses 100 premiers jours. Cette feuille de route devrait idéalement remplacer la stratégie actuelle « De la ferme à la fourchette », mais il reste incertain dans quelle mesure Hansen maintiendra le Green Deal.
Dans la réponse écrite de douze pages de Hansen, l’industrie alimentaire n’a été mentionnée qu’une seule fois, et uniquement pour souligner le devoir de l’industrie de soutenir les revenus des agriculteurs.
Cette focalisation sur l’agriculture reflète aussi probablement la tendance politique récente. Pendant les campagnes des élections européennes, les protestations des agriculteurs ont mis en lumière les questions agricoles, et le Parti populaire européen (PPE) d’Ursula von der Leyen — dont Hansen est membre — s’est positionné en défenseur des agriculteurs.
Un point important pour Hansen est le revenu des agriculteurs, qu’il attribue à « une position de négociation affaiblie et un manque de transparence du marché ».
À cet égard, Hansen s’est engagé à renforcer la position de négociation des agriculteurs afin de réduire le risque qu’ils soient contraints de vendre leurs produits à des prix inférieurs aux coûts de production.
Cela implique notamment une révision de la directive sur les pratiques commerciales déloyales (PCD), adoptée il y a cinq ans mais toujours largement inappliquée, afin de traiter le déséquilibre des pouvoirs dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire.

