L'eurodéputée néerlandaise Anja Hazekamp a inscrit une discussion sur l'interdiction du glyphosate à l'ordre du jour de la session plénière et devrait demander une prise de position à ce sujet. Un tel amendement pourrait être soumis au vote lors de la semaine plénière du 16 octobre. Cela intervient quelques jours après que les 27 pays de l'UE auront discuté pour la première fois de la proposition, et potentiellement voté sur celle-ci.
Selon Hazekamp, des recherches ont montré que 63 % des Néerlandais présentent des traces de glyphosate dans leur organisme. « Personne ne bénéficie d'une nouvelle autorisation de dix ans pour ce poison, sauf l'industrie des pesticides. »
Lors de la dernière prolongation de l'autorisation, en 2017, il n'y avait pas de majorité parmi les pays de l'UE pour une interdiction, notamment parce qu'il n'avait pas été établi de manière irréfutable que le produit était dangereux pour l'homme et l'environnement. C'est pourquoi une période de cinq ans avait été convenue, durant laquelle deux agences de l'UE (l'ECHA et l'EFSA) devaient réaliser des recherches complémentaires. Cela laissait également du temps pour introduire des alternatives.
Ces deux agences ont récemment conclu que l'utilisation continue est possible, à condition que des mesures supplémentaires soient prises pour éviter la dispersion des pesticides vers les eaux superficielles. Il faut également utiliser d'autres pulvérisateurs pour limiter la dérive du produit.
Un veto ferme contre la nouvelle autorisation du glyphosate ne peut être prononcé que par une majorité qualifiée des pays de l'UE (55 % des États membres représentant 65 % de la population). Une majorité de la Chambre basse néerlandaise a récemment voté en faveur d'une motion du Parti pour les Animaux et GroenLinks demandant au gouvernement néerlandais de voter contre cette nouvelle autorisation à Bruxelles. D’autres pays de l’UE, dont l’Allemagne et l’Autriche, soutiennent également cette position.
Aux Pays-Bas et en Belgique, l’usage du glyphosate est interdit pour les particuliers, mais pas en agriculture et horticulture. Au Portugal, son usage est interdit dans les espaces publics. En République tchèque, il est depuis 2019 limité mais pas interdit. L’Allemagne prévoit d’interdire le glyphosate fin 2023.
Il est connu qu’une majorité de la Chambre basse néerlandaise est opposée à l’usage du glyphosate, mais que le ministre démissionnaire de l’Agriculture, Piet Adema, n’a pas encore pris position : il attend un avis technique administratif du Ctgb. Il devrait informer la Chambre à ce sujet avant le 13 octobre.

