Cela intervient seulement quelques jours avant la réunion européenne du 13 octobre où les pays de l’UE doivent exprimer leur vote.
Le vote peut être en faveur, contre ou une abstention, a déclaré la vice-première ministre Karien van Gennip à l’issue de la réunion hebdomadaire du cabinet. « Toutes les options sont encore sur la table ». Selon Van Gennip, « beaucoup de choses bougent encore, y compris en Europe. » La Deuxième Chambre estime que les Pays-Bas doivent se ranger aux côtés de l’Allemagne et de l’Autriche qui plaident pour une interdiction de l’utilisation du glyphosate.
Van Gennip faisait ainsi référence au débat qui a eu lieu mercredi dernier au Parlement européen, où la Commissaire Stella Kyriakides (Sécurité alimentaire & Santé) maintenait pour l’instant la proposition de prolongation d’autorisation.
Il a néanmoins été clair que la Commission européenne travaille sur quelques ajustements mineurs, dans une tentative d’obtenir le soutien suffisant des pays de l’UE pour la proposition. De plus, les pays pourraient imposer eux-mêmes des restrictions supplémentaires, comme le fait récemment la France.
Cette approche individuelle est soutenue par la plupart des États membres, mais pas par l’Allemagne et l’Autriche, et peut-être non plus par la France et les Pays-Bas. Dans ce cas, il n’y aura pas de majorité qualifiée ni pour ni contre au comité SCoPAFF la semaine prochaine. Cela s’était déjà produit l’année dernière, ce qui avait conduit la Commission européenne à décider seule d’une prolongation temporaire pour permettre des recherches complémentaires.
Comme on s’y attendait, au Parlement européen les partis de gauche et écologistes sont opposés à la proposition et réclament une interdiction valable pour toute l’UE. Certains menacent même d’engager des actions judiciaires contre la Commission. Le groupe libéral Renew a constaté que ce pesticide semble manifestement pas assez dangereux pour être retiré du marché, comme cela avait été le cas autrefois avec l’amiante.
Mais même des politiques européens appartenant à des groupes favorables à l’agriculture comme le PPE/CDA et le ECR/SGP, qui soutiennent une prolongation « limitée », affirment que le glyphosate doit finalement être « éliminé progressivement ». Ils mettent aussi en garde contre le risque qu’il y aurait si chaque pays introduisait toutes sortes de critères propres, ce qui pourrait faire naître une concurrence entre agriculteurs des différents États membres dans le cadre de la politique agricole commune.

