Plus tôt, l’eurodéputé néerlandais Jan Huitema (VVD) avait également évoqué une possible solution de toute dernière minute.
Au sein du Parlement européen au complet, le vote de mercredi pourrait à nouveau se jouer à une seule voix. Le chef de groupe du PPE, Manfred Weber, ne pourra pas (comme il l’a fait en juin en commission environnement) remplacer les députés hésitants par des chrétiens-démocrates (souvent allemands) favorables au texte.
Seulement si l’ensemble du groupe PPE reste unanime (187 voix), et que tous les conservateurs (61), extrémistes et nationalistes (76) ainsi que les indépendants (29) apportent leurs voix, les chrétiens-démocrates n’auraient alors qu’un seul vote de surplus. L’alliance de centre-gauche S&D/PvdA (148), libérale VVD/D66 (97), écologiste (68) et gauche unie (39) serait alors à une voix de la majorité sur 705.
Selon le chef de groupe Canfin, il est clair que les libéraux de Renew, en soumettant leur propre amendement, ne voteront plus de façon divisée comme lors des commissions, et que plusieurs membres du PPE/CDA s’accordent avec l’approche précédente des ministres de l’environnement. Plusieurs ministres d’origine chrétienne-démocrate de différents pays de l’UE avaient déjà soutenu cette position.
La probabilité que le PPE ne vote pas de manière unanime mais divisée la semaine prochaine a également augmenté depuis que la Commission européenne a présenté la semaine passée deux nouvelles propositions favorables à l’agriculture : l’(éventuelle) autorisation des techniques génétiques (crispr-cas) et une directive sur les sols propres (sans obligations pour l’instant). Ces deux volets de la politique climatique de l’UE avaient déjà été annoncés dans le Green Deal.
Le compromis ministériel soumis par la présidence suédoise constitue un fort affaiblissement de la proposition de restauration de la nature soumise en mai dernier par les commissaires européens Frans Timmermans (Climat), Virginius Sinkevicius (Environnement) et Stella Kyriakides (sécurité alimentaire).
Par exemple, l’obligation contraignante de « résultat » a été assouplie en une « obligation de moyens », et dans les zones densément peuplées et bâties, l’interdiction de dégradation pour les permis de construire d’« intérêt général » peut être levée. Bruxelles doit également augmenter les fonds destinés aux dispositifs d’indemnisation des dommages.
Le Parlement européen débattra mardi matin du rapport final de l’eurodéputé (espagnol) Cesar Luena, sur lequel le vote en commission environnement s’est soldé par deux égalités le mois dernier : 44-44. La semaine écoulée, les négociateurs des groupes parlementaires ont essayé de parvenir à un accord sur une proposition qui pourrait aussi recueillir le soutien du PPE/CDA.
Si mercredi matin le vote montre que le Parlement européen a adopté une position majoritaire, une trilogue à trois parties avec la Commission européenne et les 27 ministres de l’Environnement pourra commencer plus tard cette année. Si le Parlement rejette le rapport Luena ou si les voix sont à nouveau à égalité, la loi sur la restauration de la nature sera définitivement abandonnée.

