Le négociateur de l’UE Barnier déclare que les négociations sur le Brexit avec le gouvernement britannique la semaine dernière n’ont fait aucun progrès. Les négociateurs britanniques et ceux de l’Union européenne ont appelé leurs dirigeants politiques à débloquer les négociations arrêtées sur un accord commercial futur entre les deux parties.
À l’issue d’une quatrième ronde de négociations vendredi, le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, a accusé le Royaume-Uni de faire preuve de réticence quant aux promesses faites lors de leur sortie de l’UE. Il a affirmé qu’aucun progrès significatif n’avait été réalisé depuis le début des discussions.
Barnier a clairement laissé entendre qu’il commençait à perdre patience. « Je ne pense pas que nous puissions continuer comme ça indéfiniment », a-t-il déclaré lors d’un point presse à Bruxelles. « Ces négociations auront besoin d’un élan politique supplémentaire. »
Dans une interview au journal britannique The Times, Barnier a affirmé que « le Royaume-Uni a retiré trois engagements pris initialement », ajoutant que l’UE souhaite que le Royaume-Uni respecte ces promesses « à la lettre ».
La période de transition expire le 31 décembre de cette année, donc le Royaume-Uni et l’UE doivent parvenir à un accord d’ici là, sous peine de se retrouver dans un scénario « sans accord », que les deux parties ont à plusieurs reprises affirmé vouloir éviter. Il reste possible de demander une prolongation, au moins jusqu’au 1er juillet, mais le Royaume-Uni a catégoriquement exclu cette option.
Cela semble rendre inévitable un départ britannique sans aucune période de transition à la fin de cette année, a réagi le député européen Peter van Dalen (Union chrétienne). « La quatrième ronde de négociations semble bloquée. Les Britanniques se sont même mis à dévier des accords politiques précédemment conclus. Cette attitude obstinée et irresponsable entraînera finalement des perdants des deux côtés de la Manche. C’est une journée noire pour les négociations sur le Brexit », a ainsi déclaré Van Dalen.
Seul un sommet plus tard cet été entre Michel (Conseil européen), Von der Leyen (Commission européenne) et Johnson (Premier ministre britannique) pourrait encore apporter quelque chose d’espoir. Cette situation est dramatique pour la pêche néerlandaise, a déclaré Van Dalen.
« La position européenne est claire : pas d’accord sur la pêche, pas d’accord commercial non plus. Si l’accès aux eaux occidentales de la mer du Nord est fermé aux pêcheurs néerlandais et européens, la solution européenne drastique sera mise en œuvre : alors les Britanniques feront face à de lourds tarifs sur leur poisson et leurs produits de la mer qu’ils souhaitent exporter vers les pays de l’Union européenne. Une mesure non souhaitable, mais inévitable. »
Le député européen néerlandais a exprimé l’espoir que l’organisation patronale britannique Confederation of British Industry réussisse à faire changer d’avis le gouvernement Johnson. Cela est dans leur intérêt comme dans le nôtre. La situation actuelle des négociations est en effet dramatique », a conclu Van Dalen dans un communiqué de presse.

