Les ministres des Finances de l'UE ont conclu à Luxembourg un accord pour la mise en place d'un fonds de relance distinct destiné aux pays de l'UE utilisant l'euro comme monnaie. Le fonds proposé aujourd'hui est une pâle copie des précédents grands projets du président français Macron, qui souhaitait un grand fonds en dehors du budget européen et en dehors du processus décisionnel de l'UE.
Près de deux ans de négociations ont été nécessaires sur la forme et le financement de l'Instrument Budgétaire pour la Convergence et la Compétitivité (BICC), comme ce budget est officiellement appelé. Cet instrument vise à financer des réformes structurelles et des investissements pour renforcer la zone euro, mais ce n'est explicitement pas un « budget de la zone euro ».
Le ministre néerlandais des Finances Wopke Hoekstra s’est opposé dès le début à un flux financier séparé pour les pays de la zone euro. De plus, l’origine des fonds n’était pas claire. Selon le ministre Hoekstra, « de bons progrès ont été réalisés à Luxembourg pour une meilleure utilisation des fonds européens en liant le budget aux réformes ».
Les négociations sur le montant du « pot », qui sera alimenté par le cadre financier pluriannuel européen 2021-2027, doivent encore commencer. Mais on s’attend à ce que le montant disponible pour les dix-neuf pays de la zone euro ne dépasse pas 20 milliards d’euros sur sept ans. Des accords ont également été conclus concernant l'accès aux fonds pour les pays non membres de la zone euro.
Des avancées semblent également présentes concernant l’instauration à l’échelle européenne d’une « taxe internet » déjà mise en place cette année par la France. Ne parvenant pas à un accord au sein de l’UE, les Français l’ont mise en œuvre eux-mêmes. L’Italie a aussi annoncé son intention d’instaurer une taxe sur les « bénéfices transfrontaliers ». Selon l’Italie, les taxes doivent être payées dans le pays où le chiffre d’affaires et les bénéfices sont réalisés.
Les pays de l’UE hésitant à instaurer cette nouvelle taxe numérique avaient auparavant exigé que cette mesure soit mondiale et que l’UE ne l’adopte qu’en dernier recours. Justement cette semaine, les experts de l’OCDE ont indiqué que cette taxe internet est possible.

