Le ministre allemand de l'Agriculture Cem Özdemir a assoupli les critères environnementaux pour certaines « zones écologiques prioritaires » afin de permettre cette année la culture de maïs et de céréales destinées à l'alimentation animale. Il s'agit au total de plus d'un million d'hectares.
Cette mesure fait partie d'un plan en dix points annoncé vendredi par Özdemir, en réponse à l'incertitude ressentie parmi les agriculteurs allemands. Afin de compenser les coûts supplémentaires liés à l'alimentation animale, les agriculteurs allemands doivent pouvoir bénéficier d'une surface agricole supplémentaire, soutenait auparavant l'Union des agriculteurs allemands (DBV).
Comme premier soutien aux agriculteurs allemands, certaines zones seront libérées cette année pour la production d'aliments pour animaux. Normalement, ces terres doivent être labourées avec de l'herbe et d'autres plantes pour améliorer le sol et ne peuvent pas être utilisées autrement.
Par ailleurs, Özdemir plaidera au niveau de l'UE pour des exceptions en faveur des exploitations en agriculture biologique, afin qu'elles ne soient pas tenues d'utiliser une alimentation 100 % biologique pour leurs animaux, comme l'exige le nouveau règlement biologique.
Dans une grande partie des terres agricoles allemandes, on ne produit pas d'aliments destinés à la consommation humaine, mais de l'alimentation animale. Özdemir a affirmé que l'approvisionnement alimentaire en Allemagne est assuré. Quiconque affirme le contraire agit en contradiction avec les faits et de manière politiquement irresponsable, a-t-il déclaré.
Le président de la DBV, Rukwied, a salué la décision : « Nous considérons ces mesures comme les premières véritables étapes pour nous soutenir. De plus, nous sommes, tout comme le reste de l'économie ainsi que le secteur des transports et de la logistique, très préoccupés par l'explosion des coûts de l'énergie et du diesel. Il faut trouver un moyen de soulager l'agriculture à cet égard. »
La guerre en Ukraine a, comme au sein de l'Union européenne, suscité des débats sur l'orientation de l'agriculture au sein de la coalition allemande « feu tricolore ». La chef de file du groupe FDP, Carina Konrad, a exigé que « la sécurité alimentaire redevienne désormais la priorité principale de la politique agricole ».
Parmi les mesures demandées figure notamment le report de la nouvelle politique agricole européenne, y compris le Green Deal et la stratégie « de la ferme à la table ». Des exigences similaires sont récemment venues de la CDU et de la CSU. Cependant, Özdemir et d'autres ministres de l'Agriculture souhaitent justement accélérer ces politiques.

