En Pologne, les dix partis d'opposition de centre-gauche et libéraux, ainsi que plusieurs groupes de la société civile, ont conclu un accord pour annuler les nominations controversées de juges. Ils souhaitent également ainsi mettre fin au « conflit dévastateur » avec l'Union européenne et garantir le versement des subventions européennes.
La Cour de justice européenne a récemment condamné la Pologne à une amende d'un million d'euros par jour pour ne pas avoir respecté une décision antérieure de suspension de sa chambre disciplinaire pour juges. De plus, Bruxelles peut désormais, à titre de sanction, retenir les subventions agricoles et de relance destinées à la Pologne.
Le Premier ministre polonais Morawiecki a certes récemment nommé un ministre de l'Agriculture moins controversé, mais il continue de s'opposer à un durcissement des règles européennes en matière de bien-être animal (notamment l'interdiction des cages, la biosécurité) et des réglementations agricoles. On prévoit donc que la répartition des fonds agricoles européens dans la nouvelle PAC entraînera également des tensions entre Bruxelles et Varsovie.
Les signataires ont dévoilé un plan en dix points visant à restaurer l'indépendance de la justice polonaise, qu'ils qualifient de « condition sine qua non pour la démocratie, une surveillance électorale indépendante et la protection des droits individuels ».
En priorité, l'accord appelle à la réintégration des juges qui ont critiqué la politique judiciaire du gouvernement PiS et qui ont été suspendus. Il préconise aussi la suppression de la chambre disciplinaire de la Cour suprême instaurée par le gouvernement, jugée illégale par plusieurs instances internationales et nationales (y compris la Cour suprême elle-même).
Le document est signé par dix partis politiques, dont la plate-forme centriste Civic Platform (PO), le parti libéral Modern (Nowoczesna), le parti agraire polonais (PSL), la Nouvelle Gauche (Nowa Lewica), Left Together (Lewica Razem) et le parti centriste Polen 2050 (Polen 2050).
Ces six grands partis sont accompagnés de quatre plus petites formations, ainsi que de plusieurs organisations sociales et juridiques. Selon un sondage récent, ces dix partis détiennent ensemble plus de 40 % des sièges au parlement et près de 50 % du soutien public.
Les signataires estiment que tous les nouveaux juges nommés récemment par la majorité conservatrice-nationaliste du PiS au parlement doivent être remplacés par des juges désignés par leurs pairs, comme c'était le cas auparavant.

