L'Union européenne (UE) a réduit les émissions de CO2 de près d'un quart au cours des trente dernières années. La part européenne dans la pollution mondiale au CO2 est ainsi passée de 15 à 8 pour cent.
Ceci ressort d'un nouveau rapport de l'Agence européenne pour l'environnement (AEE). Les émissions totales de gaz à effet de serre dans l'UE s'élevaient à 4 392 millions de tonnes équivalent dioxyde de carbone lors de l'année d'étude 2018, soit 23,2 % de moins qu’en 1990.
Les deux tiers de cette réduction en 2018 ont été réalisés dans les secteurs de la chaleur et de l'énergie, principalement grâce à la fermeture de centrales électriques au charbon. Après quatre années consécutives d'augmentation, les émissions du transport routier sont restées stables pour la première fois. Les émissions ont diminué dans presque tous les secteurs économiques, notamment dans la production d'énergie, l'industrie et le secteur résidentiel.
« Les données de l'AEE montrent que réduire les émissions de gaz à effet de serre ne nuit pas à l’économie. Une limitation forte afin d’éviter les conséquences les plus graves du changement climatique reste une priorité absolue », a déclaré Hans Bruyninckx, directeur exécutif de l'AEE.
Cependant, les émissions doivent être réduites beaucoup plus loin et plus rapidement si l’UE veut respecter l’Accord de Paris, selon les militants. Il est estimé qu’une baisse annuelle d’environ sept pour cent est nécessaire pour maintenir le réchauffement mondial sous la limite de deux degrés.
Cette semaine précisément, les Nations unies ont décidé de reporter d'un an les discussions vitales sur la crise climatique, à novembre 2021. L’objectif était de discuter en novembre à Glasgow des « progrès de Paris ». Ce report dépasse la durée souhaitée par de nombreux pays, mais a été jugé nécessaire en raison des perturbations liées aux confinements dus au coronavirus.
Dans la politique climatique de la nouvelle Commission européenne, il a été convenu de réduire les émissions de CO2 de moitié d'ici dix ans, malgré les réserves de la Pologne qui demandait plus de temps pour atteindre l’objectif au niveau de l’UE. La Pologne hésite encore à fermer progressivement ses mines de charbon. Dans ce cas, l’UE devra en dix ans réduire encore d’un quart, alors que le premier quart a pris trente ans.
Une proposition formelle sur cet objectif européen pour 2030 doit être soumise en septembre, une fois que la Commission aura achevé une analyse coûts-avantages approfondie, a indiqué Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne. La commission de l’environnement du Parlement européen débattra et votera sur la proposition de la Commission européenne à l’automne.

