Les pays de l’UE ne seront pas obligés de reprendre des demandeurs d’asile d’autres pays de l’UE. Dans un nouveau pacte sur les demandeurs d’asile, la Commission européenne répond à la résistance de certains pays de l’UE tels que la Pologne, la Hongrie et la République tchèque, qui refusent depuis des années d’accueillir des réfugiés.
La Commission européenne souhaite toutefois mettre en place un système pour les situations de crise où les pays de l’UE financeraient l’accueil dans d’autres pays de l’UE. De plus, les pays de l’UE qui ne souhaitent pas accueillir eux-mêmes des réfugiés devront adopter l’accueil ou le rapatriement d’un certain nombre de migrants dans d’autres pays.
La priorité de la politique migratoire européenne doit être le retour rapide des demandeurs d’asile sans chances. Cette procédure doit être plus rapide et plus efficace, estime l’exécutif quotidien de l’UE.
Bruxelles veut en outre des centres d’accueil améliorés « aux frontières » de l’UE (en Turquie, au Liban ou en Afrique du Nord), où les réfugiés peuvent être rapidement identifiés, dépistés et enregistrés. Dans un délai de cinq jours, il doit être clair si un demandeur d’asile peut obtenir un permis de séjour ou s’il doit être renvoyé.
Le Parlement européen discute jeudi matin à Bruxelles de cette nouvelle stratégie avec Margaritis Schinas, vice-président de la Commission européenne, et Ylva Johansson, commissaire européenne chargée des affaires intérieures. Ils présenteront la proposition du nouveau Pacte sur l’asile et la migration aux membres de la commission parlementaire des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE).
La Commission européenne abandonne définitivement l’idée lancée en 2016 que les États membres pourraient être contraints d’accueillir des demandeurs d’asile, comme elle l’avait tenté pendant la crise migratoire de 2015. Cette proposition n’a jamais été acceptée par les dirigeants de l’UE en raison du trop grand nombre de pays opposés.
À la place, un système de dons et d’adoptions est mis en place. Si la pression devient trop forte sur les pays de l’UE du sud, les autres pays doivent intervenir. Ils doivent alors prendre en charge les demandeurs d’asile déboutés dans l’un de ces pays surchargés et veiller à leur retour dans leur pays d’origine.
Les pays qui acceptent ce cofinancement et cette adoption disposent de près d’un an pour organiser le retour. En cas d’échec, ils devront eux-mêmes prendre en charge ce demandeur d’asile et poursuivre ensuite son retour depuis leur territoire. Les pays de l’UE et le Parlement européen doivent encore approuver les nouvelles propositions législatives. Ce processus pourrait prendre au moins un an.
Dans une première réaction, la députée européenne néerlandaise du PvdA Kati Piri a déclaré que « le droit de demander l’asile au sein de l’Union européenne reste intact. De plus, toutes les demandes sont encore évaluées individuellement. Ces principes de base sont bons », a-t-elle souligné.
Elle a également jugé logique qu’on insiste davantage sur le renvoi des personnes qui n’ont pas droit à l’asile. Elles représentent actuellement près de 2/3 de tous les demandeurs d’asile. Elle a toutefois observé que cette proposition semblait surtout solidaire envers les États membres, mais on peut se demander dans quelle mesure elle est solidaire envers les réfugiés.
Les ambitions pour une nouvelle politique sont bonnes selon le groupe parlementaire des chrétiens-démocrates, mais le député européen Van Dalen s’inquiète de la faisabilité des plans. Il a souligné que la problématique migratoire sur l’île grecque de Lesbos est importante et que ce plan ne doit pas échouer. « La solidarité seule ne suffira pas. Il est à juste titre affirmé que tous les pays de l’UE doivent contribuer au financement ou à l’accueil. Sinon, des sanctions doivent être envisagées sous forme de réductions des fonds européens. »

