Depuis le début de la guerre russe contre l'Ukraine, des infrastructures cruciales ont été attaquées à plusieurs reprises, telles que la coupure de câbles et de conduites par des ancres de navires traînées sur les fonds marins. L'OTAN soupçonne que ces actes sont commandités par Moscou, notamment par des pétroliers loués.
Par le biais de sa flotte fantôme de navires sous pavillon étranger, la Russie contourne l'embargo pétrolier imposé en raison de sa guerre agressive contre l'Ukraine. Un navire présumé faire partie de cette flotte est suspecté d'avoir coupé plusieurs câbles aux alentours de Noël. Ce navire chinois a été immobilisé par la marine finlandaise.
La destruction des conduites sur les fonds marins menace l'approvisionnement en électricité et en carburants dont l'Europe a besoin pour son développement économique. C'est pourquoi la surveillance par des navires militaires dans la mer Baltique est renforcée, y compris par plusieurs navires néerlandais.
Par ailleurs, les possibilités légales et juridiques doivent être étendues, a déclaré le chancelier allemand Olaf Scholz avant la réunion de l'OTAN à Helsinki.
Il faudra notamment répondre à la question de savoir si les marins d’un pays peuvent monter à bord d’un navire étranger s’il est suspecté ou pris en flagrant délit dans le cadre d’une menace hybride. Il n’est pas encore clair non plus si cet abordage peut être réalisé par l’OTAN.
Le dirigeant de l’OTAN, Mark Rutte, a également souligné lundi au Parlement européen à Bruxelles que les activités terroristes russes contre un pays de la mer Baltique entraîneraient néanmoins une réponse totale de l’OTAN. Poutine doit savoir que s’il entreprend quelque chose dans la région de la mer Baltique, ce ne sont pas seulement ces pays qui seront touchés, mais tous les pays de l’OTAN, et qu’il aura également affaire à Berlin, Londres et La Haye, tel était son avertissement adressé à Moscou.
La ministre lituanienne de la Défense, Dovilė Šakalienė, a déclaré avoir discuté avec la Suède, la Finlande, l’Estonie, la Lettonie, la Pologne et les Pays-Bas, et ils sont d’accord sur la nécessité urgente de réviser le droit international afin de pouvoir agir contre les formes de guerre hybride. Selon le chancelier Scholz, cela pourrait inclure des sanctions spécifiques contre des navires, des compagnies maritimes et autres entreprises.

