Il observe l’émergence de positions de plus en plus fermes et attire l’attention sur la récente montée de partis populistes et anti-européens qui s’opposent aux mesures climatiques et environnementales.
Sinkevicius souligne que le Green Deal a été élaboré à la mi-2019 dans des circonstances très différentes, et que la situation actuelle est très différente : non seulement en politique mais aussi au sein du public.
« Nous disposons d’une majorité stable au sein de l’UE qui soutient le Green Deal », a-t-il déclaré, faisant référence au soutien actuel du Parlement européen à l’agenda vert en général. « Mais quand il s'agit de questions plus difficiles, je pense qu’elles seront inévitablement influencées par le débat politique », a-t-il récemment déclaré à l’agence de presse Reuters.
Après l’Accord de Paris sur le climat (2015), après les manifestations croissantes des jeunes dans tous les pays de l’UE menées par la Norvégienne Greta Thunberg (2018), les partis pro-environnementaux ont réalisé des gains électoraux importants presque partout lors des élections européennes.
« Les circonstances sont désormais clairement différentes de celles de 2019, lorsque nous avons commencé avec un soutien maximal et une volonté politique d'agir presque de tous les partis politiques », a récemment déclaré le commissaire européen à l’Environnement Virginijus Sinkevicius.
Certains États membres de l’UE s’opposent aujourd’hui, à peine cinq ans plus tard, aux règles sur les émissions des véhicules et tentent d’assouplir les contrôles plus stricts sur la pollution dans l’élevage et l’agriculture. Une proposition visant à améliorer l’isolation des logements et des bâtiments publics (pour économiser le gaz et l’énergie) rencontre la résistance de pays préoccupés par les coûts.
Le président de la commission environnementale (ENVI) du Parlement européen, le libéral français Pascal Canfin, constate également une polarisation croissante, comme récemment autour de la loi sur la restauration de la nature (NRL). Le mois prochain, il sera tenté d’aligner le plus rapidement possible les 27 ministres de l’Environnement et les rapporteurs de la commission environnement, afin que la loi fortement affaiblie sur la restauration de la nature puisse être adoptée définitivement avant les élections de juin 2024.
Canfin estime – avec le recul – que les commissaires européens auraient mieux fait de présenter à la commission toutes leurs propositions relatives à la nature et au climat dans un seul texte. Ils ont dû, en effet, faire approuver certaines parties du paquet, puis attendre pour le reste.
« Si la réduction de moitié de l’utilisation des produits chimiques, la loi sur la restauration de la nature, les droits liés au sol et à la terre, les nouvelles techniques de sélection, etc., avaient été présentés ensemble, chaque parti en aurait bénéficié et tout le processus aurait été beaucoup plus simple. Cela aurait évité la polarisation sous sa forme actuelle ».
Selon Canfin, sa loi sur la restauration de la nature a ainsi été inutilement vidée de sa substance par la majorité de droite du Parlement européen.

